14.07.2006

Un Toulousain à Toulouse

Je sais pas si du monde passe encore ici, mais sachez, chers amis, que l'aventure continue ailleurs. Un Toulousain à Montréal trouve sa suite (tout aussi palpitante) sur :

UN TOULOUSAIN à TOULOUSE

Rendez-vous donc là-bas pour lire la suite de mes voyages et de mes conneries ! 

30.06.2006

Dernière note

Je clos, en cette note, ce blog. Mon retour étant achevé, tout comme mes aventures montréalaises, continuer à écrire ici, n'a pas de vraie raison d'être.

Ce fut une année forte en émotions. Le blog en a été la victime, car c'est ici que je venais me soulager quand mon esprit n'allait pas bien. Mais pas que, hein ! J'ai écris des conneries quand même.

Alors voilà, je pars vers de nouvelles aventures, pas passionantes pour un cenne, mais je laisse ces notes comme un témoignage pour moi, pour le futur.

Merci à ceux qui ont suivi ce blog avec régularité, je sais pas trop qui vous êtes, ni si vous existez vraiment, mais voilà, ce sera la dernière chose à lire ici.

J'ouvrirai peut-être un nouveau blog pour continuer à râler, à déprimer, mais ce ne sera plus sur "Un Toulousain à Montréal". 

22.06.2006

Pfff encore le retour

Ce retour n'en finit plus...

Le décalage horaire va pas mieux, toujours le réveil aussi dur et aussi tard. Mais bon, d'un autre côté, ça va mieux. J'arrive à couper avec un passé que je ne rattraperai pas et que je ne souhaite plus vraiment rattraper. Donc, je fais ma route sur le chemin de la vie. N'empêche, j'ai pas avancé sur le côté fac.

Mais bon, après des pérides de forte déprime, comme ça j'entame la phase du je m'en fous, je laisse aller. Donc, on verra bien ce qu'il se passe. J'irai voir ma prof et on discutera de ce qu'il est possible de faire pour mon mémoire que je n'ai pas envie de faire. Mais en même temps, faudrait que je trouve un chouette sujet, ça me botterait bien.

Voilà, encore une fois je raconte une chose et son contraire à la suite. Va falloir que j'arrête ce genre de truc. Savoir ce que je veux vraiment. Mais en même temps, ne peut-on vraiment pas vivre dans la contradiction permanente ? Les autres sont déstabilisés certes, mais, sauf quand ça dérape, est-ce vraiment un problème ?

Parce que je suis comme ça, toujours changeant, mouvant sur mes choix, mes opinions et c'est ce qui fait Lolo. Je ne tranche jamais parce qu'on est sûr de rien et que s'arrêter à son propre avis, c'est un peu se limiter dans la confrontation aux autres. Enfin, en tout cas, c'est pas moi d'affirmer une position mordicus et de n'en jamais démordre. Non, moi je m'adapte.

Si les gens que je semble critiqué là, même s'il n'en est rien en vérité, j'admire les gens qui ont des opinions ancrées, ont de la personnalité, moi je n'en ai pas. Avec mon coup de changer d'avis, de ne pas trancher d'un côté, cela fait de moi un mec sans personnalité. Ben, je pense pas !

Hihi, j'écris n'importe quoi ce soir. Je ferai mieux d'aller au lit.

La fête de la musique, c'était pas ça, comme toujours. Comment c'était bien les fêtes à Montréal, alors qu'à Toulouse, je me suis toujours fait plus ou moins chier dans ce genre de manifestation joviale et civile. Me suis éclalté parfois, mais apparemment, je m'en souviens pas à cet instant. Je dois me trouver des potes ici, ça fait chier de rentrer et devoir rencontrer de nouveaux gens, comme à mon arrivée à Montréal. Evidemment, je connais du monde ici, mais c'est un cercle d'amis assez restreint, va falloir élargir tout ça. Mais ouais, c'est un peu nul d'être dans la ville qui nous a vu grandir, où on a toujours vécu et n'avoir pas plus d'amis. (Kévin, si tu lis, va pas te vexer hein ! Y'a pas de raison !=)

17.06.2006

Le retour, la suite !

Encore une note sur mon retour qui se passe pas aussi bien que possible.

Le décalage horaire continu de faire des siennes, me faire coucher tard pour des réveils tout aussi tard et fatigués. Reste qu'aujourd'hui, histoire de contrer cet horrible complot du gouvernement Harper, je me suis levé à 9h, héhé. Aidé de mon téléphone et sa sonnerie réveil qui imite un cargo prenant le large, j'étais prêt à faire des trucs à partir de 9h30. Pas de chance, j'avais rien à faire. Dans l'après-midi, j'ai entamé, enfin, ma reprise de contact avec la ville rose. Je me suis gentiment balladé dans les rues que je connais par coeur, j'y ai revu le même bordel sur la route, les travaux du métro au même point, les gens, les clodo, tout était à sa place... Même la vieille qui gueule des trucs très fort dans la rue : Dieu va tuer tout ce qui n'est pas catholique (ou quelque chose dans la même veine) était son dithyrambe de la journée.

Je me suis posé place du Capitole et j'ai observé, guetté, maté les passants. Toujours aussi bifluoré la populace toulousaine. On trouve de la collégienne qui fait n'importe quoi à la sortie des cours, de la lycéenne qui fait la pétasse gucci avec ses copines toutes aussi pétasse, le pendant masculin ou fils de bourge, tendance attitude et la version rebelle avec casquette de marque et qui fait du skate (ou pire du long board). Dans les tranches d'âge plus élevées, y'a la vraie pétasse de boite ou de clips de rap version bimbo ou mapouka, les mecs qui se la joue débardeur blanc, gros muscles et regard méchant. Il y a aussi les caves qui se baladent en short et mailllot de foot, tout ça en tong et avec ses potes tout aussi ridicules. J'aime aussi le baboss, avec son bandeau, ses dreads et son djembé dans le dos. Eux, c'est mes chouchous... Des jeunes pleins d'avenir sur leur bicyclette. Quoi d'autres, j'ai vu les auteurs Erik Orsenna et Daniel Picouly, parce qu'à Toulouse, c'est le Marathon des mots.

 

Ouais, aujourd'hui j'ai un peu avancé, j'ai repris quelques repères aujourd'hui, mais tout ça reste bizarre, je me sens pas encore vraiment chez moi. Le retour est dur, parce que d'un côté la vie québécoise était tellement plus intense que ma vie actuelle et d'un autre parce que j'ai enfin compris que mon ex était mon ex et que je devais passer à autre chose, si je veux pas devenir un alcoolique bedonnant et téléphage (si y'a des filles qui veulent me soutenir dans cette épreuve). Voilà et mon pote Flo est pas encore rentré, ostie !

Petit à petit, ça devrait aller mieux, j'ai quelques amis qui sont là pour moi et c'est cool. Bientôt un Lolo tout ragaillardi, j'espère, y'en a marre d'enchaîner les déprimes ! 

14.06.2006

Sentiments de retour

Quel étrange sensation vit l'étudiant expatrié de retour sur sa terre natale. Ce retour tant espéré, modérément altéré par la déception et la mélancolie de laisser ce qu'il a vécu à Montréal. Modérément, je dirais même plus, n'hésitons , parlons de vraie mélancolie, d'un regret palpable : laisser cette vie à part qu'il a vécu pendant un an autour de la fête, des amis et des voyages, fait royalement chier l'étudiant expatrié de retour sur sa terre natale. Mais il faut bien revenir comme il a répété maintes fois aux Québécois lui vantant les délices de l'été montréalais et québécois. Quoi tu vas louper la Saint-Jean, s'est-il entendu dire trop souvent, tu ne peux pas dire que tu as fait le Québec si tu n'as pas fait la Saint-Jean (c'est la fête nationale) ! Vomir sur les plaines d'Abraham à Québec, l'étudiant expatrié (etc.) s'est fait une raison, ce ne sera pas cette année. Il tente de ne pas plonger dans la déprime profonde en anticipant sur les fêtes qu'il fera à son retour.

Tu parles, ça sera pas pareil. L'étudiant a du mal avec les choses qui changent et qui se passaient bien, arf !

C'est ainsi qu'il atterit à Paris, aperçoit la Tour Eiffel et se dirige dans un état second vers sa ville natale, sa Toulouse, son Païs, celle dont il a pleuré l'absence toute l'année. Et bien, je peux vous dire que ça a pas fait l'effet espéré de retourner sur les lieux de son ancien quotidien. Retrouver son appart', bien entretenu par des parents aimants, met en joie le coeur fatigué par le décalage horaire. Mais, il manque un truc !

On retombe dans les travers d'avant le départ, télé et internet, pour compenser un certain vide. Mais bon, mettons ça sur le compte du décalage horaire.

Arrêtons-nous sur les premières courses, la première épicerie. Déjà, faut se réhabituer à la boite manuelle sur la voiture, penser qu'après la première se trouve une autre vitesse qu'il est bon de passer si on ne veut pas que le moteur explose. Une fois dans les rayons du supermarché, que l'on connait comme sa poche pour y avoir passé des nombreuses heures en tant que client et employé, on retrouve quelques repères, pas grand chose n'a changé, tout ce qu'on mangeait avant est encore là. On se fait quelques petits plaisirs à base de pépito, crème de marrons et surtout, on dévalise frénétiquement le rayon fromage, alors qu'on est pas tellement adepte de ça. Mais bon, faut ça pour essayer de repalper la France que l'on a quitté. On paye, la fille nous rend les premières pièces d'euros touchées depuis 10 mois, on lui dit merci et on se retient de la tutoyer, et oui on a pris de mauvaise habitude au Québec.

Bref, tout ça manque de goût, le goût du Québec qu'on recherche en désespérant d'être entouré dans le métro riquiqui de Français, tous autant sans accent québécois les uns que les autres. Et puis peut-être aussi, le goût du dépaysement de notre arrivée à Montréal, l'année passée, ce goût nouveau de la découverte, le vertige de la solitude, d'un pays inconnu aux moeurs étranges, où la crème fraiche n'existe pas (ou presque), où les gens te disent bienvenue pour dire merci, où tu fais tout pour rencontrer des gens sympas, où les soirées s'enchaînent, où les filles font la queue pour sortir avec toi. Tout ça, l'étudiant expatrié de retour sur sa terre natale ne le retrouvera pas et pourtant inconsciemment, il le recherche, mais ça n'arrivera pas. 

 

PS : Tout dans cette note reflète mes sentiments les plus sincères, ainsi que la plus pure vérité, mis à part la machin sur les filles à la fin. On m'a obligé à écrire ce post-scriptum. 

12.06.2006

Je reviendrai à Montréal

Me revoilà à Toulouse. Il s'est passé quelque chose comme deux semaines depuis la fin de la Gaspésie.

En revenant sur Montréal, j'ai dormi deux nuits chez les fameux de Lorimier. Pour les non-initiés, il s'agit d'une colocation sur la rue de Lorimier, où une bande de Français ont passé l'année en parallèle à nous qui étions "ceux des résidences". J'ai goûté là à la saveur de la colocation, saveur qui est devenu un parfum entêtant rue Drôlet, où Fred s'est faite prêté un appartement luxueux par une amie. J'ai terminé mes jours montréalais dans cette demeure situé au troisième étage avec deux terrasses, un balcon, deux grandes chambres, deux grandes pièces, une cuisine tout équipée et un bain à remous.

On a donc partagé l'appart avec Fred et David, le gros du temps. Cela m'a fait poser des questions quant à mon choix des résidences du début d'année. Mais pas de regret, j'ai passé une année, vue de la fin, merveilleuse. Parfois difficile, comme en témoigne ce blog, mais vraiment bonne. Une expérience que je ne regrette pas et qui appelle à de futurs mouvements.

M'enfin, j'ai pris l'avion (le 9 juin) avec de la peine au coeur, quitté Montréal n'est pas facile, je regrette déjà ses grandes rues, ces magasins ouverts le dimanche, les dépanneurs, les bars, la Paryse, Mamm Bolduc, les shish taouk et la poutine évidemment. Ah la poutine ! (soupir)

J'ai donc pris l'avion au milieu d'étudiants du CEGEP, mais ça a été, z'ont pas trop foutu le bordel. En atterrisant à Paris, j'ai ressenti d'étranges sentiments, je n'avais pas envie d'être là. C'était trop tôt. Pourquoi ne pas passé l'été à Montréal. La veille du départ, j'avais fait l'ouverture des Francofolies. Tant de festivals, de fêtes m'attendaient là-bas. Et ici, en France qu'est-ce qui m'attend ? Mis à part mes parents et quelques amis, rien de bien folichon. La vie en fait, mais pas la vie québécoise. Le contexte d'un échange est tellement différent. On est là-bas pour vivre chaque instant pleinement, la fin est prévue, rien n'est prévu ici, la fête ne m'appelle pas ici, la rencontre de nouvelles personnes non plus. Enfin bref, je dérape, je voulais dire qu'atterrir fut bizarre. Mais les retrouvailles avec les parents fut chouette, j'étais content de les revoir.

L'arrivée à Toulouse ne fut pas une explosion de sentiments de joie, juste du soulagement d'être enfin rendu, la fin définitive de cette année CREPUQ. J'ai retrouvé mon appart' avec bonheur et sans la remontée de souvenir menant à la déprime que je redoutais. Comme tous les décalés horaires, je me réveille en pleine après-midi et le monde tourne sans nous, mais on devrait le rattraper bientôt et là, je redoute la prise de conscience. J'ai d'ailleurs mis du temps à me mettre à écrire cette note, j'espère en ressortir tout aussi inconscient.

 

Voilà la suite du retour very soon.

 

Entéka le Québec me manque, comme mes cheums, le parler, l'accent, la poutine, ma vie là-bas. Merci à tous ceux que j'ai croisé et un peu plus, à tous ceux qui en ont fait une bonne (et moins bonne) année.

04.06.2006

Dix-septième et dernière journée

30 mai :

 

Retour direct sur Montréal, plus vite je rentre, mieux je me porte. Il me tarde de revoir mon monde. J’atterris chez les Lorimier, qui me donnent l’hospitalité, plus tard j’irai chez Fred sur le plateau dans un appart’ des plus luxueux.

C’est la fin du voyage, cette large parenthèse hors de la ville, de sa circulation, de la pollution qui irrite mon nez et me gratte les yeux. C’était bon, un grand voyage, plein de rencontre, de choses nouvelles, de sentiments de bonheur, de solitude bienheureuse. Je me suis senti bien pendant ces quinze jours. J’ai fait ce que je voulais faire, ce que je m’étais dit.

Je suis heureux.

Seizième journée

29 mai :

Le départ de l’auberge rime avec retour sur Montréal. J’ai enfin vu mon orignal, alors je m’en retourne voir mes amis qui me manquent à Montréal. Je garderai à jamais l’apparition fantomatique de l’orignal dans ma tête.

Je rentre doucement par la côte, longeant la mer, il fait beau, je peux enfin profiter du paysages magnifiques. Mais je me rapproche de plus en plus de la civilisation. Sur la route, de plus en plus de voitures me croisent ou me doublent. Je rattrape l’urbanité.

Je m’arrête à l’auberge de Rivière-du-Loup pour revoir Géraud et Mathilde. J’y passe la nuit.

Quinzième journée

28 mai :

Réveil 7.30 am, je suis un guerrier, je prends une douche et pas le goût de me rendormir.

La journée se passe tranquillement, on est allé loué des films avec Alexis, un autre des patrons, on est quatre et on mate CRAZY dans la yourte, car il y a une yourte, vous savez cette maison mongol, que l’on trouve dans les steppes. Un bon moment. Le soir, il pleut sur la yourte, on s’allume un feu dans le poêle et on regarde Elvis Gratton (film comique québécois) en mangeant du pop-corn. Ici, on appelle ça une « grosse vie sale ».

Une journée de chillage (nouveau terme encore pour la glandouille).

01.06.2006

Quatorzième journée

27 mai :

 

Réveil encore une fois difficile. Je voulais rouler dans le parc tôt pour voir traverser un orignal. Mais le courage de démarrer n’est effectif qu’à 6.30 am (oui, je voulais faire ça au lever du jour, vers 4.30).

Je roule, me demandant, si je me fais une rando. Mais le centre de paiement pour le parc n’ouvre qu’à 9 heures. Et je n’ai pas la monnaie pour les postes d’auto-perception. Je ne veux pas crosser (flouer) le parc, même si je sais que je pourrais sans problème rentrer et éviter toute amende. Mais bon, mon sens de citoyen est plus fort. Et l’envie de marcher n’est pas au top.

Soudain, je le vois, il apparaît sur la route, traversant tranquillement sur ses hautes pattes, la route principale. C’est un fantôme noir comme la nuit que j’aperçois dans la pénombre du petit matin brumeux. Il est immense (ou semble l’être dans mon souvenir), il stoppa son étrange démarche sur le bas-côté, m’arrêtant également, il me scrute le temps que la voiture s’immobilise. J’attrape l’appareil photo et il profite de ce moment pour s’enfuir, apeuré certainement. Il est dans les bois, je ne le vois plus. C’était un moment furtif, comme beaucoup durant ce voyage. Mais je l’ai vu, immense, magnifique, imposant. Les bois n’ont pas encore repoussé.

C’est un fantôme, qui me hantera pour précipiter mon retour. Je ne vais pas chercher à en voir un autre, je trouve cet instant magique et délicieux pour le souvenir que cela va me faire.

 

Satisfait, ma promesse de ne pas quitter le Québec sans avoir vu un orignal est tenue. Je suis libéré. Je me rends au Sea Shack, l’auberge festive, tant réputée et recommandée. Je mets un bon bout de temps pour la trouver. Je me perds même un peu, ne cherchant pas du bon côté. J’en profite pour visiter rapidement le champ d’éoliennes de Cap-Chat. Il compte la plus grande éolienne verticale du monde, c’est peu dire, surtout qu’elle ne sert à rien. Mais bon, je m’attarderai pas là-dessus. Par contre, le brouillard bouge à une vitesse impressionnante, en cinq minutes, il recouvre tout le champ d’éoliennes. Sur la route, on y voit pas à dix mètres, sans exagéré. Cela ne facilite pas ma recherche de l’auberge. J’arrive quand même, sur les bons conseils d’une cantine, à me rendre à bon port. L’endroit est situé en contrebas de la route, sur la plage. C’est un petit coin de paradis, avec un bar sur la plage, un spa sur la plage et c’est déjà pas mal pour faire le parté, la grosse teuf.

Je retrouve Mathieu, le sudiste. Il m’accueille gentiment, me fait visiter les lieux. Les patrons sont pas là, lui travaille à repeindre un chalet contre l’hébergement.

Je m’installe tranquillement, des clients s’en vont et encore une fois, je me retrouve seul client. Il y a aussi Damien, un gars d’Orléans, qui travaille ici aussi.

Plus tard, avec les patrons, on se fait un spa, en mangeant une poutine. Histoire de l’avoir fait une fois dans sa vie. C’est cool. Ensuite arrivé de nouveaux clients, dont deux parisiens et coucher de soleil vraiment joli.

Une baleine vient nous faire un pshiit à même pas cent mètres de la plage, c’est magnifique encore une fois. On est tous en transe sur la terre ferme. Elle remonte plusieurs fois. J’ai une photo où on l’aperçoit.

Soirée picole, bien passée, bien délire, avec notamment Simon, barman et patron, qui picole raide le babouin, jamais vu ça ! Je termine la soirée à 4.30 am avec le lever du soleil. Durant la soirée, petit spa à 3.00 du mat’. Ça l’fait bien.

Treizième journée

26 mai :

 

Le réveil fut difficile, je suis fatigué de mes bons cinquante kilomètres de randonnée cumulés. Je voudrais bien dormir encore, j’ai enfin une bonne position dans la voiture. Mais bon, la route m’appelle et je me dirige en flânant vers le parc national de la Gaspésie. Un lieu montagneux avec des sommets à 1300 m. d’altitude.

Je cherche à me rendre au lac Paul, haut lieu de pèlerinage des orignaux. Mais son accès n’ouvrira que début juin, tant pis. Je reste devant l’entrée de la route, la rivière Sainte-Anne y coule de manière furieuse, décrivant une légère courbe qui aménage une plage de galet parfaite pour me laver un peu. L’eau est pas chaude, mais le soleil est de sortie à ce moment, ce qui fait que la toilette torse nu devant les montagnes fut des plus agréables et je dirai même plus kiffantes ! Je me repose un peu et soudain une voiture débarque. Elles me surprennent un peu, je suis encore à moitié nu (grr), ce sont deux Québécoises. Elles viennent pique-niquer là. L’une d’elle est des plus joviales, la Québécoise typique, pleine de vie et brut de décoffrage. On discute un peu pendant la préparation d’un repas qui me laisse rêveur, elles sont suréquipées. Elles s’en vont bien vite continuer leur aventure. C’était rafraîchissant de les rencontrer.

Je pars à mon tour pour faire un sentier de randonnée. Le parc est payant, je règle mon droit d’accès et pars à l’assaut du mont Ernest-Laforce. Une ballade de quatre kilomètres en boucle sur un sommet d’environ 800 mètres. La rando est facile et le paysage (temps toujours un peu couvert) splendide. Dans cette partie du parc, un incendie d’origine humaine s’est déclaré en 1965 et à cramer une bonne partie de la forêt. Quarante ans plus tard, la forêt n’a pas repris sa place, c’est assez édifiant de voir ça.

Cette rando est réputée pour ses orignaux et encore une fois, j’ai pas su les voir ou ils ne se sont pas montrés, je ne sais dans quel sens le prendre. Il pleut sur la fin. Je rentre au parking et ne fait un léger souper. Je suis bien, je me ballade sous la pluie, mon bol de nouille à la main, le casque sur les oreilles, je danse dans la forêt en appelant l’orignal. Et oui, quand on est seul, on fait un peu n’importe quoi. Mais pour moi, ces moments-là sont souvent les meilleurs. Je suis un solitaire, apparemment. Je suis vraiment bien tout seul, mais bon, y’a des limites. J’aménage ma solitude de rencontres furtives.

Pour passer la nuit, je dois sortir du parc. Je me rends au village le plus proche, Cap-Seize, qui est aussi le seul sur plusieurs kilomètres. Je gare le char à côté de l’église et passe la nuit.


Je rajouterai, que depuis Forillon, je me suis résigné à voir un orignal. C’est un signe pour revenir ou quelque chose comme ça.

Onzième journée

24 mai :

 

Réveil 6.00 am, pour aller débusquer l’orignal et l’ours sur une rando connue pour ce genre de rencontre. Je pars avec Mathieu et Benoît. La rando était moins sympa que le Mont Alban, mais les paysages sont toujours aussi chouettes. Après quelques heures de marche, rien à signaler. Le garde forestier était passé avant nous, donc… On a exploré un barrage de castor abandonné. Le castor est un animal franchement étonnant, il peut couper un gros arbre en moins de vingt minutes et charrie à la force extrême de son cou, des troncs énormes pour sa taille. Il arrive aussi à inonder des terrains entiers de façon étonnante, c’est passionnant de voir ça, sa manière de faire.

 

Dans l’après-midi, j’accompagne Mathieu à la sortie de Rivière-au-Renard pour faire du pouce vers sa prochaine étape, qui sera aussi la mienne. Dans ce gros port de pêche pour la région, sur les bons conseils d’Alexa, je m’achète un beau homard à 7 dollars la livre, ce qui n’est pas beaucoup. En rentrant je m’arrête au Portage, pour refaire le sentier du matin et espérer un peu plus de chance pour voir mes orignaux. Malheureusement, l’orignal ne veut pas de moi. Par contre, j’aperçois dans un pré, une forme noire à une bonne distance. Cela ressemble aux bonbons Haribo, aux oursons à la réglisse que je n’aimais pas. Je m’attarde… Mon dieu, ça bouge ! C’est un ours. Il paisse tranquillement son herbe, je suis vraiment loin, donc il se laisse photographier. J’ai vu un ours noir, si c’est pas magnifique ça. Je suis aux anges. Je retourne à l’auberge vanter ma trouvaille et manger mon homard, toujours vivant, qui a attendu patiemment dans la voiture.

 

Pour le homard, j’ai vachement culpabilisé d’être son bourreau et de mettre fin à son existence de façon si cruelle. Mais bon, je me suis délecté de sa chair et les remords, comme par magie, se sont envolés.

Douzième journée

25 mai :


Toujours la quête de l’orignal, cette fois-ci, je me lève à 5.30 am et pars seul faire un bout de la rando d’hier non encore explorer. Je crois que j’aime ça la rando ou est-ce l’orignal qui me pousse à faire autant de kilomètres à pied ?

Bon, l’orignal reste toujours un mystère, mais un écureuil m’a foutu un peur atroce en courant à toute allure sur mon pied, dans une fuite échevelée. J’étais concentré sur une mouche posée sur mon genou, je faisais de la macrophotographie, hihi, et paf cet empaffé me passe dessus. Il a du avoir encore plus peur que moi. J’ai réussi quand même à lui tirer le portrait de manière satisfaisante, lorsqu’il se remettait de ses émotions.

Départ de l’auberge en début d’après-midi, j’ai vraiment aimé le parc de Forillon et Alexa et Gilles, je reviendrai un jour, c’était trop beau. Je m’arrête par-ci, par-là sur la route, je croise un renard et je passe la nuit au lac de l’Anse-Pleureuse, il fait encore mauvais, c’est dommage, le paysage gaspésien est tellement plus beau en plein soleil.

31.05.2006

Huitième journée

21 mai :

6.00 am, réveil, j’ai froid. Je me réveille devant un magnifique lever de soleil avec des nuages, mais fort beau. Les nuages semblent charger, en effet, en quelques minutes ils sont partout et la pluie s’annonce. Je prend la route. Je note que Port Daniel a de belles maisons. Je fais un arrêt à Newport et ses bateaux de pêche.

8.00 am, j’arrive à Percé. C’est le brouillard le plus total. Je suis dans les nuages, vraiment. Je ne vois pas où se trouve le Rocher-Percé. D’ailleurs, j’ai longtemps regardé du mauvais côté. J’ai pas fait grand chose de spécial, je me suis baladé en voiture dans Percé, autant dire que c’était vite fait. Puis je suis allé manger un bout à la boulangerie.

2.30 pm, la marée descend et le rocher sera bientôt accessible. Je m’aventure près des vagues et je fais connaissance avec un fou de Bassan, de façon très rapprochée (voir les photos). Cette petite ballade était vraiment cool, être au pied de cet immense rocher, vraiment fascinant, mais bon, je suis facile à impressionner. Comme toujours j’étais presque seul, le rocher n’était que pour moi.

Plus tard, j’ai trempé les pieds dans la mer (enfin le Golfe du Saint-Laurent), spéciale dédicace à David le Parisien.

Encore plus tard, j’ai grimpé le mont Saint-Anne, profitant d’un dégagement du ciel, en voiture. J’ai lamentablement abandonné la randonnée pédestre. Mais de là-haut le rocher était sous le brouillard, dommage. On reviendra l’année prochaine. Souper dans un café à base de poutine et de burger. Puis dodo sur un parking avec toilettes ouvertes (c’est rare) à proximité, pour la toilette du lendemain.

À signaler, l’étrange couleur brune-terre de l’eau du robinet. Certainement due aux intempéries.

Neuvième journée

22 mai :

Départ de Percé dans le brouillard épais, j’ai fait la côte dans cette même purée, donc la beauté du paysage, on repassera.

J’arrive à l’auberge de Cap-aux-Os, dans le parc de Forillon qui fera ma plus grande joie. Journée pépère, juste une petite randonnée seul et ensuite une excursion organisée par Gilles, l’aubergiste, pour voir des castors. On en a surpris un, c’était chouette. Le soir, on va rejoindre des Québécois dans un bar à Gaspé, la ville la plus proche, avec Mathieu, un sudiste typique.

Désolé de mon manque d’éloquence, mais j’ai trop de retard dans ce journal, ça me soûle un peu.

Dixième journée

23 mai :

Bon, je remets un peu dans le contexte. On est sur un pointe dans la Pointe, le bout du boutte du Québec, après ça y’a la mer (puis Terre-Neuve, mais bon, c’est pas grave). On est dans un parc gratuit (certains sont payant à la journée), petit mais fourni en beaux paysages et animaux divers. J’ai débarqué à l’auberge de jeunesse tenue par Gilles, un Québécois à qui on la fait pas et Alexa, une camarade de Montauban, future Québécoise. Tous deux super sympas et toujours plein de bons conseils pour les randos et plein d’autres trucs. Dans l’auberge, pas grand monde, pour ainsi dire, encore une fois, je suis le seul client ou presque (y’a Mathieu). Deux français travaillent là, pour aider, Caro et Benoît.

Nous voilà partis, avec Mathieu, pour la rando du Mont Alban, une belle ballade dans la forêt avec pour cerise sur le gâteau, un belvédère haut perché, d’où j’ai mieux vu le trou du Rocher-Percé qu’à Percé (voir photos).

Après cette ballade, on fait un ravitaillement à Gaspé, puis on continue à errer dans le parc et, dans le soleil un peu couchant, une baleine (un petit rorqual) nous passe sous le nez. Magnifique d’émotion, l’apparition d’un dos et d’une dorsale. On ne s’y attendait pas et j’ai été vraiment surpris. Un moment magique dans ma tête.

Le soir, bières avec des Autrichiens.

Je précise que la quête de l’orignal est toujours d’actualité, chaque ballade est une expédition, toujours à l’affût, mais je dois mal m’y prendre car rien ne sort du bois.

Onzième journée

24 mai :

Réveil 6.00 am, pour aller débusquer l’orignal et l’ours sur une rando connue pour ce genre de rencontre. Je pars avec Mathieu et Benoît. La rando était moins sympa que le Mont Alban, mais les paysages sont toujours aussi chouettes. Après quelques heures de marche, rien à signaler. Le garde forestier était passé avant nous, donc… On a exploré un barrage de castor abandonné. Le castor est un animal franchement étonnant, il peut couper un gros arbre en moins de vingt minutes et charrie à la force extrême de son cou, des troncs énormes pour sa taille. Il arrive aussi à inonder des terrains entiers de façon étonnante, c’est passionnant de voir ça, sa manière de faire.

Dans l’après-midi, j’accompagne Mathieu à la sortie de Rivière-au-Renard pour faire du pouce vers sa prochaine étape, qui sera aussi la mienne. Dans ce gros port de pêche pour la région, sur les bons conseils d’Alexa, je m’achète un beau homard à 7 dollars la livre, ce qui n’est pas beaucoup. En rentrant je m’arrête au Portage, pour refaire le sentier du matin et espérer un peu plus de chance pour voir mes orignaux. Malheureusement, l’orignal ne veut pas de moi. Par contre, j’aperçois dans un pré, une forme noire à une bonne distance. Cela ressemble aux bonbons Haribo, aux oursons à la réglisse que je n’aimais pas. Je m’attarde… Mon dieu, ça bouge ! C’est un ours. Il paisse tranquillement son herbe, je suis vraiment loin, donc il se laisse photographier. J’ai vu un ours noir, si c’est pas magnifique ça. Je suis aux anges. Je retourne à l’auberge vanter ma trouvaille et manger mon homard, toujours vivant, qui a attendu patiemment dans la voiture.

Pour le homard, j’ai vachement culpabilisé d’être son bourreau et de mettre fin à son existence de façon si cruelle. Mais bon, je me suis délecté de sa chair et les remords, comme par magie, se sont envolés.

30.05.2006

Septième journée

 

20 mai :

J’ai du retard dans l’écriture du journal. Six jours pour être précis. Je vais tenter de rattraper ça vite fait, bien fait.

Je quitte l’auberge à 9.30 am, après un déjeuner qui me fit oublié l’erreur contrariante de la veille.

À 11.30 am, j’arrive à Bonaventure, un fief acadien sur la Baie-des-Chaleurs. Du coup, un musée de l’Acadie au Québec s’y trouve. Un des couples de la veille, avec lesquels j’ai tout de même abondamment discuté dans la matinée, m’en a vanté les meilleurs mérites. Il n’ouvre qu’à 1.00 pm. On est samedi. Je vais me faire un petit Subway en attendant. Je trouve ce principe super ici. Les stations essence (de gaz en québécois) sont souvent jumelées avec un fournisseur de nourriture (j’ai mis fournisseur, parce que j’ai pas trouvé le mot rigolo que j’avais en tête). Enfin bref, avec un machin de bouffe, style Subway ou Tim Hortons, mais celui-là vous connaissez pas en France, donc en fait une enseigne de restauration rapide. Oui, MacDo aussi, mais c’est plus sur les autoroutes ça.

Donc quand tu rentres pour régler ta note de gaz, tu as dans le même bâtiment un Subway ou un MacDo, quand en plus tu n’as pas une enseigne d’épicerie générale (comme Couche-Tard pour les Québécois). Alors bon, pourquoi je raconte tout ça ? Ben je trouve ça super cool, pouvoir manger un bout après avoir fait son plein sans payer un sandwich, à la mord-moi-l’nœud, les yeux de la tête. Ça va bien Total qui se met nos cinq euros pour un pauv’ sandwich tout sec, quand c’est pas dix euros sur les aires d’autoroute. Ici, tu peux manger comme partout ailleurs, au même prix. Moi, je dis bravo le Québec !

Voilà, merci Lolo, c’était le coup de gueule de la semaine.

Ensuite mon petit Subway, qui même s’il n’était pas merveilleux fut peu onéreux, je me rendis dans la petite boutique d’à côté. Cette boutique spécialisée dans la friandise au chocolat, nommée « la maison des gâteries », nom qui ne manqua pas de piquer ma curiosité, tenue par deux jeunes étudiantes, offrait un fort bon chocolat chaud. Mais tout le goût du chocolat fut dans la conversation, de ces conversations typiquement québécoises, avec Léa. Je ne conterai pas la discussion dans le détail, mais nous échangeâmes les poncifs sur l’Europe, dont la jeune Léa s’apprête bientôt à découvrir les charmes. Du coup, je lui ai promis de lui faire visiter Carcassonne. Le bout de gras fut très agréable, ces rencontres furtives, hâtives sont toujours du miel pour le voyageur.

J’ai oublié de dire que sur la route, j’ai traversé des pluies féroces auxquelles, dans la ville suivante, succédèrent des soleils époustouflants. À Bonaventure, le soleil se figea jusqu’à mon départ.

La visite du musée acadien fut riche de découverte sur ce peuple de Poitevins exilés en terre nouvelle pour la coloniser. C’est en 1604 que les premiers acadiens débarquèrent en future Nouvelle Écosse (Nova Scotia pour les anglophones). Vous me direz tout de suite, pourquoi Acadie hein ? Et bé parce que Verazzano (vous irez voir qui c’est sur Wikipedia) nomma ce bout de terre Arcadia, comme dans les « Mondes Engloutis ». J’ai peu regardé ce dessin animé, il était trop intellectuel pour moi, mais il y a peut-être un lien. Verazzano regardait-il ce programme à l’heure du goûter ?

1713, la France cède aux Anglais (qui a dit Rosbif ? Rhôô) ce bout de terre, je ne sais pour quelle raison. 1755, malgré la neutralité du peuple acadien dans l’histoire, les Anglais décident de s’approprier leurs terres et aussi simplement que ça, les foutent à la porte de chez eux et organisent des charters, de l’époque, pour les aider à déguerpir. En langage officiel, ça s’appelle du déplacement de population et même de la déportation. Ils brûlèrent les églises (ben oui, ils sont anglicans eux-autres) et, sans ménagement, c’est à dire avec le strict minimum et même moins, embarquèrent les Acadiens sur des navires pour de multiples destinations. Ils furent envoyés en France, dans les colonies aux Etats-Unis, au Québec et ailleurs aussi, mais me souvient plus. Les indiens Mic Mac en aidèrent à fuir. Cet épisode de l’Histoire s’appelle « le Grand Dérangement ». En 1763, c’est la fin du Grand Dérangement. Les Acadiens, enfin certains retournent au pays, bon gré, mal gré. Les Cajuns sont les restes de l’Acadie qui préférèrent les bayous et leur chaleur aux hivers rigoureux de la Nouvelle-Écosse. Je vais abréger sur l’histoire de l’Acadie. D’autres Acadiens restèrent au Québec dans différentes régions comme Bonaventure et autour et aussi Acadie, près de Montréal. Voili voilou pour l’Acadie, c’est un peuple qui reste soudé autour de son histoire et qui se montre fier de ce qu’il est. Maurice Richard était Acadien, Gilles Vigneault aussi. Le 28 juillet est le jour de commémoration du Grand Dérangement accordé par la Reine et ses sujets. Et puis, j’ai acheté le roman qui parle du retour du peuple acadien, Pélagie-la-Charrette (Prix Goncourt en 1979. Et puis aussi, l’étoile sur le drapeau français représente la Vierge Marie, toujours bon à savoir.

Je reprends la route, emportant avec moi l’émotion de l’Acadie. Je fais quelques arrêts dans les ports de pêche de la Baie-des-Chaleurs. Et je passe la nuit à la pointe de Port-Daniel, à l’écart de tout, dans un havre de tranquillité où je vais savourer le bonheur de contempler la mer et d’être seul. Je découvre avec de nombreux questionnements le phénomène des marées et sa beauté, j’admire le coucher de soleil et ses couleurs sur les vagues. Je vis un instant magique en mangeant mes nouilles au son du Duke devant ce paysage merveilleux et les vagues furieuses qui manquent de m’éclabousser en frappant les rochers (sur lesquels je suis). Dans mes notes, je parle du tonnerre de la mer, de la nature qui m’impressionne, du soleil couchant qui fait briller l’écume. Toutes ces émotions me font saigner du nez. C’est un grand moment contemplatif, je réfléchis à pas mal de choses, au retour, à l’avenir, aux bons moments de ce voyage. Je me dis aussi qu’il faut que je fasse de chaque jour (de ce voyage), un jour où je puisse me dire, ça valait le coup, tu peux rentrer à Montréal et espérer me dire la même chose le lendemain.

Je m’endors sur ces belles impressions.

 

22.05.2006

Cinquième journée

18 mai :

6.30 am, en route vers deux parcs naturels qui seront ou fermés ou inaccessibles avec mon auto qui a déjà trop supporté de nids-de-poule la veille. Je fais donc chemin vers la vallée de la Matapédia et mon prochain arrêt : l’auberge de Pointe-à-la-Garde. Sur la route d’Amqui (prononcé amcoui), les nuages s’accrochent au clocher des églises. Par endroit, la route est tellement défoncée que la ligne jaune du milieu n’est plus visible. J’arrive au lac de Matapédia sous la pluie et la brume. Je croise quelques ponts couverts, toujours aussi jolis à admirer.

Près du lac au Saumon, j’embarque Judith, une québécoise pour une centaine de kilomètres. La discussion roule bien, on écoute Ô Toulouse de Nougaro parce qu’un Toulousain rencontré auparavant lui avait chanté avec tellement d’émotion. Je lui montre que de ce côté-là, les Toulousains se ressemblent beaucoup. Elle regrette que le Québec n’est pas un hymne identique auquel se rattacher.

On arrive à Pointe-à-la-Garde, à l’auberge du Château Bahia. Je suis un peu mêlé, je ne sais pas si je m’arrête là ou si je continue la route avec Judith pour arriver le soir à Cap-aux-Os et à moi le parc de Forillon.

On monte avec la voiture jusqu’au Château et quelle étonnante découverte. Au milieu des arbres se dresse fier et refusant la moquerie, un vrai-faux château en bois avec une grande porte en ogive, quelques tours au toit rouge inspiré de la Russie des Tsars et même d’un côté des douves en construction. Nous faisons le tour, personne. Juste les toilettes avec douche sont ouvertes, je flaire la bonne occas’ de prendre une douche gratis et même peut-être dormir le soir venu. Nous redescendons, car les dortoirs sont dans un autre édifice. Nous entrons, la porte est ouverte, mais personne, nous appelons, nous discutons, personne. Les dortoirs sont vides. Étrange.

La beauté du château et du bois me séduit assez pour décider de rester là. Judith reprend la route. Je laisse un mot dans l’auberge, histoire de dire que je me trouve au château. Mais du bruit se fait entendre à l’étage. Un homme sort, l’air ensuqué. Aucune force obscure n’a donc fait disparaître toute trace de vie dans ce lieu.

Je m’installe. Je passe ma journée à rien faire, une petite sieste et la journée est presque terminée. Deux Suissesses et un Français arrivent de Cap-aux-Os. Ils me racontent un tas de choses que j’espère vivre dans cette auberge, comme la rencontre avec un Orignal. Une autre fille s’installe, elle s’appelle Linda et parcours le Québec pour sa thèse. Discussion intéressante autour de son sujet, de l’université et d’autres choses. L’ambiance est détendue, je suis bien, je mange mes nouilles dégueus, j’écris les premières pages du journal de voyage. Qu’est-ce qu’on est bien ! Dans la soirée, cinq mecs débarquent, je ne serais pas seul dans le dortoir, arf ! Il s’agit de français avec un québécois.

Le temps est moche, les nuages sont bas, on se trouve au niveau de la mer, puisque nous sommes dans la Baie-des-Chaleurs (encore un nom donné par un navigateur pressé, comme l’océan Pacifique). Les montagnes sont pas hautes, cinq cents mètres au mieux et les nuages s’accrochent à leur sommet. Le ciel est gris et bas, tellement qu’un canal doit se paumer.

L’heure du coucher arrive, j’arrête ma conversation avec Linda et je pars assister à un concert de ronflement d’une rare violence, je me demande si j’ai un jour fait pire…

Sixième journée

19 mai :

Petit-déjeuner à base de crêpes (pancakes) et confiture de framboise maison. Miam. On rigole tous ensemble autour de la table. L’heure des départs, Linda s’en va, les Suissesses aussi. Les gars vont suivre, mais je pars avant eux pour le parc de Miguasha.

Ce parc, classé par l’Unesco, recèle un important gisement fossilifère datant de la fin du Dévonien. C’est à dire une période débutant il y a 370 millions d’années.

Le musée comprend d’impressionnants fossiles, remarquable pour leur diversité, leur qualité de conservation, leur quantité et l’exceptionnelle rareté de certaines pièces. Par exemple, sur l’un d’entre eux, un poisson s’est fait prendre dans les sédiments au moment d’ingurgiter un de ses congénères. D’autres fossiles présentent des traces du réseau sanguin de l’animal.

Les fossiles en 3D (comme ils disent) représentent des têtes de poissons, oui, Miguasha se trouvait sous l’eau à cette époque et au niveau de l’équateur. Nous nous trouvons dans un milieu tropical où les espèces foisonnent. Je vous passerai tous les spécimens, mais un vous dira certainement quelque chose, puisqu’il existe encore dans l’océan indien : le cœlacanthe.

Sinon qu’ai-je appris qui pourrait vous intéresser ?

Pour faire un bon fossile, il faut un milieu conservateur (comme le Canada… Harper, vous voyez le lien, non ?), c’est à dire pauvre en oxygène, un recouvrement rapide pour ne pas que l’animal se décompose et du temps, car le processus de fossilisation est lent.

J’ai aussi appris que les excréments des poissons se fossilisent et qu’on appelle ça un coprolithe.

Nous sommes des sarcoptérygiens, c’est à dire que nos membres sont reliés au corps par un seul os, exactement comme les bébêtes du Dévonien. Sur le tableau de classification des espèces, nous sommes en effet les descendants de ces poissons à pattes, les tétrapodes. Longtemps, les scientifiques ont pensés que l’évolution se faisait des poissons aux batraciens, puis ça donnait les reptiles, les oiseaux et les mammifères. Mais non, ils ont changé d’avis en découvrant les tétrapodes, certes la première solution marche toujours un peu (peut-être), mais les poissons ont surtout donné les tétrapodes, animal encore aquatique qui montera sur la terre ferme plus tard. Pour être plus exact, cela se passe au carbonifère. L’invention de l’œuf à coquille permettra aussi l’évolution de ces espèces dans le biotope terrestre.

Voilà mes amis sarcoptérygiens, la visite du musée est terminée, c’était chouette dites-donc ! Maintenant place à la ballade dans le parc et sur la plage au bas des falaises si riches en fossile. La ballade aurait pu être plus agréable si le soleil avait pointé son nez, mais bon, on fait avec. J’ai même trouvé des traces de fossiles sur certaines pierres, mais c’était que des petites traces, genre une racine.

Retour à l’auberge, je suis le seul client. La soirée s’annonce calme, c’est bien, j’ai pas envie que ça bouge.

Quatrième journée

17 mai :


Réveil 10.00 am. Petit-déjeuner. Faisage de sac. Adieu à Géraud, vraiment le mec cool qui aurait pu être un bon pote, il reste bossé à l’auberge, au revoir aux filles de l’auberge, tout ce petit monde sympa, ces amitiés à usage unique qu’il faut quitter avant de les connaître. Étrange sensation, après les amitiés poussées de Montréal.

Départ non effectif : 12.00 pm.

Départ effectif : 13.00 pm. Après m’être rendu compte de l’oubli irréparable du chargeur et de la batterie de l’appareil photo. Ce retour n’a pas empêché l’oubli moins irréparable de mes gougounes (tongs).

Journée sur la route en perspective. À un moment, mon esprit embrumé s’est décidé à tourner à droite sur la route. Erreur fatale. Je voulais encore voir un orignal, je me suis retrouvé sur un chemin de terre, complètement défoncé, avec d’immense nids-de-poule, sans un seul animal. J’ai failli au détour d’un chemin m’engager pour quarante-huit kilomètres sur Saint-Louis du Ha ! Ha !, alors que j’avais en une heure à peine parcouru quinze kilomètres. Mais mon esprit moins embrumé a judicieusement décidé de faire demi-tour, surtout qu’il commençait à pleuvoir. Du coup, je me suis retrouvé au lac de Pohénégamook.

Frontière avec le Maine (USA), un petit pont de bois, autrefois utilisé par les contrebandiers, fait la jonction. Je me suis donc retrouvé aux États-Unis et sans avoir du présenter mon visa. Plus haute frontière des États-Unis, sans compter l’Alaska, une borne en fonte évoque l’importance de ce caractère géographique.

Par la suite, sur des routes profondément campagnardes, droites, des trucks me rendent aveugles l’instant de les croiser, des conifères encadrent mon chemin, de vieilles granges, des lacs, des villages avec l’incontournable église et son cimetière très joli. Un profond sentiment de bonheur m’étreint, je suis bien dans cette solitude routière où les voitures sont rares, loin de la civilisation urbaine et angoissante.

7.00 pm, la nuit approchant, je m’arrête sur une aire routière bordée d’une rivière pour la nuit. Je prépare mon repas et m’endort en espérant, demain matin, apercevoir un orignal s’abreuver sous mes yeux ébahis. Je vous casse le suspens, ça arrivera pas.

Deuxième journée

15 mai :

 

4.00 am (quatre heures du matin), il fait jour, mais le soleil n’est pas levé. J’ai un peu froid, je me rendors.

6.00 am, le soleil est levé, je m’exécute à son exemple. Je démarre la voiture, acquitte un droit d’entrée au parc, qui n’a pas de gardien, juste un gentil mot proposant de déposer la cotisation au parc naturel dans une boîte prévue à cet effet. Il n’y a personne, je parcours un peu le parc et arrive au début d’un sentier de randonnée. Le parc se situe sur le Saint-Laurent. Sur toute la côte, le fleuve, qui est appelé la mer à cette endroit et plus haut, creuse des anses, des retranchement dans les terres en forme de demie-lune où des plages se forment. Des collines sur le fleuve persistent, ce qui donne de jolies petites îles ― parfois grandes comme nous verrons plus loin ― plantées de conifères et autres pins sur toute leur superficie. Les anses du parc du Bic ont de nombreuses de ces collines en vis-à-vis. Le fleuve étant la mer, les marées montent et se retirent, laissant un délicat parfum au paysage.

Je débute ma randonnée à 7.00 am, plus matinal, je l’ai rarement été. Je suis les sentiers, m’arrête faire quelques photos, admire le paysage, surprend quelques lièvres, écureuils et oiseaux divers. La randonnée n’est pas difficile, je mis deux heures environ pour faire un petit dix kilomètres.

 

Il me faut vous avouer ici, l’intérêt primordial de mon voyage. J’ai comme obstination persistante de rencontrer un orignal, cet élan d’Amérique, aux bois caractéristiques. C’est une lubie qui trouve son explication dans une anecdote un peu dyslexique.

Je recherche donc toutes les occasions de rencontrer cet animal imposant. Le parc du Bic en est une. Je marche doucement dans les bois, à l’affût d’indices, de traces, de matières fécales (quel joli mot). Et là commence l’aventure de cette journée. Ne rencontrant pas l’ombre d’un orignal, d’un cerf, quoique ce soit, je décide de m’engager sur un petit sentier dans le sous-bois, histoire d’augmenter mes chances. Je m’avance, je m’avance, je ne vois rien, pas d’indices de présence, que dalle ! Après ce détour infructueux, je décide de rebrousser chemin. À l’aller, j’ai bien fait attention où je passais. Mais arrive le moment fatal. Le sentier n’existe plus. Il n’y a que des branches au milieu du supposé sentier et je ne me rappelle pas avoir enjamber un tel amas. Je ne panique pas, mais c’est pas loin. Je cherche autour la suite du sentier, mais rien, je tourne en rond, revient deux fois à l’endroit où David Copperfield a fait disparaître ma seule chance de survie. Tout cela n’est pas bon. Je ne panique pas encore, mais ça devrait pas tarder. Il me faut une solution, ma survie en dépend. Je n’ai pour subsister qu’une appareil photo numérique de bonne facture et un manteau qui me donne trop chaud.

Je décide courageusement d’enjamber l’amas de branches et coûte que coûte d’aller tout droit dans la direction du sentier connu. Je marche ainsi un petit moment sans repères. Mes pensées deviennent pessimistes. Personne ne sait que je suis ici, à part un couple d’être humain croisé auparavant, la nuit est froide, je ne pourrai survivre, je ne sais pas faire de feu, je ne connais pas les plantes comestibles dans la forêt, y a-t-il des prédateurs dans le parc, me retrouvera-t-on un jour ? Voilà, le style de pensée qui effleure l’homme, dont la voie sécurisante d’un avenir sans ombrage a disparu.

Vous vous doutez de la fin, puisque j’écris cette histoire confortablement installé dans un rocking-chair, alors oui, j’ai retrouvé le sentier assez facilement et la suite de la randonnée s’est bien passée. Bien que je décida de ne plus jamais m’aventurer hors des sentiers battus.

 

Un peu avant midi, je rejoins Rivière-du-Loup où l’auberge de jeunesse attend impatiemment mon arrivée. Bon en fait, c’était pas vraiment ça. L’accueil fut bon, mais encore quelques déceptions me rendirent terne pour quelques instants. J’avais depuis l’auberge de jeunesse de Boston, un carte qui me promettait la carte de membres des Hostelling International, lorsque mes nuits dans leurs établissements seraient suffisamment nombreuses, accédant ainsi au tarif privilégié. Mon séjour de deux nuits dans cette auberge aurait du me fournir ce passe vers des économies substantives. Mais l’ont m’appris que ce système n’était plus valable. Argh ! Putain de merde. Ajoute à cela, la perte de mon super stylo Ricard, courageusement fauché au Bistro Sanguinet et me remémorant tous les bons moments passés à Montréal, sous le frigo de l’auberge et voici le Lolo des plus contrariés. Mais bon, ça passe rapidement.

Je fais la connaissance de Géraud, mon collègue de chambrée, un Français de Cognac, en PVT (permis vacances-travail), ce permis te permet de travailler dans le Québec pour voyager et découvrir le pays. Ce que le CREPUQ ne permet pas. Il est à Rivière-du-Loup depuis une couple de jours et a passé l’hiver à travailler à Mont-Tremblant. Il cherche du boulot, qu’il trouvera à l’auberge dans la journée.

On sympathise bien et dans l’après-midi, il m’accompagne pour visiter Kamouraska, petite bourgade du Bas-Saint-Laurent. Faisant parti des plus beaux villages du Québec, nous parcourons ses rues, son quai ― « à vos risques » ― et trouvons tout cela fort joli et agréable. Sur la recommandation d’un québécois de Montréal, nous nous arrêtons à une micro-brasserie, tenue par un Belge, brassant sa propre bière depuis quelques années. Sa maison est en face du Saint-Laurent, une bien belle place au milieu des champs, devant la montagne, où les journées s’écoulent au son des grillons.

 

Les couchers de soleil sur le Bas-Saint-Laurent sont réputés les plus beaux après ceux d’Hawaïï. Nous décidons de constater cette affirmation du National Geographic et de feu Commandant Cousteau, à la terrasse de la brasserie Breughel. La journée fut belle et ensoleillée, quelques nuages dans le ciel. Le soleil se couche derrière les collines de Charlevoix et l’extase peut débuter. La réputation n’est pas usurpée, la beauté de ce coucher de soleil était grandiose, de celle qu’on n’oublie pas surtout lorsqu’on la contemple un verre de bonne bière à la main. Vraiment magnifique, il me faudrait une âme de poète pour vous décrire cette merveille de la nature.

 

Nous revenons à l’auberge, le soir nous sortons, avec les filles de l’auberge dans un bar, où un chansonnier fait le spectacle. Lendemain lever 6.00 pour visiter l’île verte, toujours avec Géraud.

Le voyage : Première journée

Étant donné que les connexions Internet sont rares en cette belle région, je vais compter ici, en différé, mes aventures gaspésiennes. Je vous fais part des notes prises au cours du voyage. Je publierai par épisode et quand cela sera possible mes journées merveilleuses ― jusqu’à maintenant.

 

14 mai :

 

Le voyage commence par une aventure teintée de malaise avec Mélissa, une fille de la résidence, accompagnée de Montréal à Rimouski. J’ai un peu les boules à son sujet, parce que j’ai l’impression d’avoir été pris pour un con. Ah les filles ! Pour faire court, le voyage ne fut pas pénible mais laborieux niveau conversation et ambiance dans la voiture. De plus, je l’ai emmené cent kilomètres au-dessus de ma première étape, ce qui fait que j’ai fait quelque chose comme trois cents kilomètres dans le baba avec les allers-retours superficiels que son détour m’a fait faire. Je dirai également qu’elle n’a eu comme reconnaissance de ma contribution à son retour parmi les siens, que quelques bons sentiments, ce qui, je l’avoue, n’est pas suffisant pour me compenser du détour et des contraintes engendrées. Mais bon, je me lamente pas plus, c’est passé ; maintenant je fais attention au kilométrage, car je suis limité par la compagnie de location. Au passage, je vous remercie les filles de m’avoir fait culpabiliser de vouloir l’abandonner à Montréal, mais je vous en veux pas, inquiétez-vous pas.

Voilà donc ma première journée, celle de dimanche, j’ai aperçu le magnifique coucher de soleil, mais la route nous appelée et l’ambiance ne se prêtait pas à la complentation.

 

J’ai déposé Mélissa à 22h à Rimouski. Je suis descendu vers le parc du Bic, j’ai parqué mon char à l’entrée du parc, côté Cap-à-l’Orignal. Et là, le voyage a vraiment commencé.

 

Quelques cervidés, que je n’ai su reconnaître du fait d’une incompétence manifeste en zoologie, ont reflété mes phares dans leurs yeux en guise de bienvenue, ils broutaient paisiblement à l’entrée du parc. Leur accueil fut pour moi, une belle promesse pour le lendemain et la randonnée que j’envisageais. Je m’endormis dans la voiture, légèrement apeuré de cette présence sauvage à mes côtés, donnant à ma paranoïa, un espace de divagation qu’elle n’a pas hésité à exploiter.

Troisième journée

16 mai :

Matin difficile, quelques heures de sommeil, mais le départ du traversier à 7.45 vers l’île Verte nous impose la rigueur d’un réveil plein d’entrain. Nous arrivons à temps, mais n’avons eu le temps de trouver une épicerie pour acheter de quoi faire un bon pique-nique. Du coup, ce sera chips.

À 9.00 am, nous débarquons et débutons notre traversée de l’île, quatorze kilomètres de large, trente habitants à l’année, le ravitaillement change selon la saison, l’été par le traversier, l’automne par hélicoptère, l’hiver par le pont de glace qui enjambe le Saint-Laurent et que les habitants empruntent en ski-doo. L’île se trouve en face de Tadoussac, par beau temps (le notre était quelque peu brumeux), on aperçoit bien l’embouchure du Saguenay, les droits de construction ne sont attribués que de mai à juin pour laisser l’été, le traversier aux seuls touristes, il y a un maire et quatre conseillers. L’île porte le plus vieux phare du Saint-Laurent, 1806, je suis pas sûr de la date. Le principe des moutons de prés salés du Mont Saint-Michel a été importé sur l’île, il y a un seul cultivateur sur l’île, quelques orignaux et autres cerfs et surtout une douceur de vivre, des côtes sculptées par les marées et des oiseaux migrateurs trop vieux, s’installant sur l’île car ne pouvant aller plus loin. Tout cela, je le sais grâce au docteur de l’île qui nous fît la visite gracieusement et avec une générosité toute québécoise. On monta même au sommet du phrase, alors que le gardien était absent. La population de l’île est constituée des nés à l’année, des non-nés à l’année, des nés saisonniers, des non-nés saisonniers.

La journée nous fit faire un beau dix ou quinze kilomètres. Nous pique-niquâmes sur les rocher avec la ferme intention d’apercevoir quelques rorquals, baleines ou bélougas au large, car à cette endroit le Saint-Laurent fait un bon vingt kilomètres. Après un long débat, moi j’ai vu deux bélouga, ces machins blancs, sortir leur dos ; lui a vu des moutons d’écumes dus à quelques vents marins. Mais bon, je suis vraiment persuadé de ma version, reste que même si j’ai raison, c’était pas vraiment impressionnant.

Par contre, sans mot dire, ni même aucun avertissement, un phoque a soudain sorti la tête. Il était pas vraiment près, mais assez pour le distinguer à coup sûr. Il plongeait et remontait.

Notre ballade était vraiment agréable, il plût en fin de journée, mais cela n’a rien gâché, tout fut bien goupillé. La soirée à l’auberge fut pépère, rien à signaler. Le lendemain, je quitte l’auberge.

11.05.2006

Y'a plus

Voilà, je vais rendre internet. Je quitte l'appart' le 14 mai et en route pour la belle région gaspésienne. Vivement !

08.05.2006

Projet de voyage

Niagara Falls s'est bien passé, j'ai bien parlé anglais et me suis bien fait tremper par les chutes. Mis à part l'auberge de jeunesse qui est vraiment charmante et quelque part authentique, d'un style âgé avec une salle de bain plus grande que mon appart', toute l'urbanisation entourant le phénomène géologique des chutes n'est qu'une frime sans nom, un parc d'attraction scintillant de néons vulgaires dans un capharnaüm des plus pathétiques. Mais bon, fallait s'y attendre... Il faut bien retenir les touristes plus que l'unique journée nécessaire pour profiter des chutes. La ballade en bâteau au pied  de cette violence nappe d'eau est à faire. C'était le passage guide du Routard.

Ces temps-ci, ces fêtes, bouffes et préparation du voyage. Je pars le 14 mai pour mon petit tour de Gaspésie en voiture.  Mon plan d'attaque est le suivant (si ça vous intéresse) :

Je passe deux ou trois jours dans les environs de Rimouski, Rivière-du-Loup pour visiter le parc du Bic (si ouvert) (et non ce n'est pas un parc où vivent en liberté des stylos Bic), l'Isle verte et d'autres choses. Ensuite je traverse rapidement la vallée de Matapédia et la baie des Chaleurs, un ou deux jours. J'en arrive au passage qui devrait être le meilleur. Ma semaine au parc de Forillon. C'est sur la Pointe de la Gaspésie. J'irai voir Gaspé, Percé et son rocher (j'essaierai de marcher dans le trou) et puis me ressourcer dans le parc au gré de mes envies et qui sait des rencontres. Dernière étape, je rejoins le parc de la Gaspésie par l'intérieur (si possible) et je reste quelques jours dans un endroit accueillant. Mais bon, il est fermé et il n'y a que quelques sentiers d'ouvert. Donc, c'est le gros point d'incertitude du voyage. Si ce parc n'est pas accueillant, j'irai voir à Matane s'il y fait meilleur. Et tout ça pour tenter de voir un orignal. Je me suis mis cette obsession en tête. Je veux voir cet animal des plus énigmatiques pour moi, sans ça je ne quitterai pas le Québec.

Voilà, retour prévu à Montréal le 4 juin pour prendre l'avion le 9 juin, direction Françia.

Ce voyage est complétement improvisé, je pars seul et c'est bien la première fois que je fais une chose dans le genre. Alors, je devrais ou mourir de froid, ou mourir de faim, ou me perdre dans les montagnes... Au pire, je reviendrai ruiné...

01.05.2006

What about my english...

Bientôt plus d'internet... Une dure épreuve s'annonce. Mais je relèverai le défi de continuer à vivre. Je créerai un nouveau genre de relations avec mes amis, comme le téléphone par exemple... C'est une piste à suivre ou bien j'arrêterai d'avoir des amis. L'un ou l'autre. Cela risque d'être dur. Il est utile de le répéter.

 

Aujourd'hui, nous nous sommes rendus au lac Memphrémagog, dans la ville de Magog... Tout ça se tient. Et ben, c'était bien chouette ce dimanche au lac. Soleil et paresse, agrémenté d'une glace au yaourt. Que demander de plus ? Bien des choses, mais bon satisfaisons-nous de ce que nous avons.

Une amie allemande de notre amie allemande est venue la rejoindre. She doesn't speak french, just deutsch und english. So I practiced very strongly, I made a lot of mistakes. But I don't care about it, I'm proudly to speak english like I speak with a big et funny french accent. I like so much to exprim (?) myself in english !!!!! It's a wonderful feeling...

 

Voili, voilou, demain on part à quatre pour les chutes du Niagara. Super chouette, je vais continuer de parler anglais !!!

29.04.2006

Fin de session

Fin de session signifie fin d'année d'universitaire, voilà tout ça, c'est terminé (pour l'instant).

Résultat négatif :

- J'ai mal au cul d'être resté assis des heures.

- J'ai les yeux qui tombent d'avoir fixé l'écran de l'ordi des heures.

- J'ai l'air d'un mort-vivant.

- Je me déplace comme un zombie.

- J'ai perdu le goût des sorties, du soleil, du monde extérieur.

 

Résultat positif :

- J'ai fais des économies à ne plus sortir (mais je peux y perdre mes amis).

- Je n'ai pas attrapé de coup de soleil.

- Je ne suis plus déprimé (mais ça s'était fini avant).

- J'ai fini de culpabiliser à pas travailler. Je peux désormais glandouiller sereinement.

- J'ai l'esprit détendu.

 

Projets (plus ou moins chiants) :

- Faire le ménage, maintenant que j'ai plus l'excuse du travail pour passer outre.

- M'occuper des papiers administratifs pour mon retour.

- Contacter ma prof en France pour lui parler du mémoire.

- Préparer mes super chouette vacances en Gaspésie.

- Glandouiller et me murger la face de câlisse en ciboire.

 

Youhou c'est les vacances !!!!

28.04.2006

Ouste Douste !

Voilà on le savait depuis un petit moment, l'usurpateur de la Mairie de Toulouse est aujourd'hui officiellement démasqué dans la presse nationale. On a élu un naze à la Mairie, nous promettant que Toulouse était importante pour lui, il y serait même né soi-disant. Tu parles, on apprend que c'est un gros menteur, alors que la majorité des Toulousains ne s'en était pas méfiée. Honte à nous d'avoir élu ce mec, qui inondait (et inonde encore peut-être) les médias toulousains, apparaissant à la moindre occasion sur les écrans de TLT, mais bon, le destin national n'a pas fait un pli, il a lâché la Mairie à un mou insignifiant sans charisme, M. Moudenc.

L'article du monde est explicite et appréciable. Bonne lecture...

 

Oh oui allons lire cet excellent papier sur l'idiot des Affaires Etrangères.

 

Vous aurez compris que je ne porte pas M. Douste-Blazy haut dans mon coeur. Ce n'est pourtant que ce qu'il mérite. Il est venu nous faire chier, juste pour avoir un poste qui le conduirait à un ministère et continuer de grimper en politique. Et puis il était désigné d'office comme successeur par Baudis... Toulouse, ville royaliste, ou le pouvoir se donne de main à main. Merci bien.

27.04.2006

Vous avez des nouvelles ?

Et bien dites-moi, c'est mort dans le coin !!!! Que se passe-t-il ? Ah ok, il continue de travailler. Mais il n'en finit plus ma parole. Un dernier et c'est les vacances... Ah et bien je suis ravi pour lui, qu'il se dépêche de terminer, même s'il semble avoir du mal, comme ça il pourra voyager le coeur léger.

23.04.2006

Mondanité 2

Je reprends, j'ai eu beaucoup de mal à écrire la note précédente. Je vais m'appliquer cette fois.

 

Nous voilà donc au 5 à 7. C'est sympa tout ça, on papotte gentiment, on mange une bonne poutine de la Banquise (d'ailleurs la poutine faut vraiment la manger avec beaucoup de bière dans l'estomac, c'est comme ça qu'elle s'apprécie le mieux), on s'en va faire la fête chez des inconnus, on suit le mouvement.

Mais avant ça, il est à noter, encore une fois, dans la série de l'esprit québécois face à l'esprit français, que les professeurs n'occupent vraiment pas la même place dans l'univers universitaire. Il y avait à ce 5 à 7, et cette observation est apparemment généralisable, un professeur buvant, dialoguant, sociologisant avec quelques étudiants. Ce professeur se nomme Michel Freitag. Ce nom ne dira pas grand chose à bon nombre d'entre vous, mais pour vous donner une idée de qui il est, je citerais une parole recueillie il y a quelques temps de la bouche d'une étudiante en sociologie. Après lui avoir parlé d'un texte que je lisais de ce professeur, elle me répondit : "Ah mais moi, je ne connais pas les classiques".

Voilà, ce vieux monsieur, au collier de barbe d'un blanc le plus pur, est un classique, un ponte de la sociologie québécoise. Cet auteur de référence (aux textes trop ardus pour moi) picolait sec et rigolait avec une tablée d'étudiants dans un rapport d'individu à individu tout ce qu'il y a de plus normal. Lorsqu'il partit, il salua bon nombre d'entre nous, ceux qu'il connaissait j'imagine, mais c'était vraiment marrant de constater à quel point, le statut du prof ici est des moins emprunt de cette hiérarchisation, de cet aristocratisme qui nous est tant reproché.

 

La suite de la soirée nous la passâmes chez un autre professeur, un professeur moins vieux et reconnu certes, mais nous étions dans sa maison, avec sa petite famille. Il avait préparé des pâtes pour nous. Encore une fois, l'hallucination était vraie. De retour en France, j'appelerai un de mes profs, à moitié bourré, je lui demanderai si avec le reste des étudiants, on pourrait venir squatter un peu chez lui et dans le cas échéant s'il pouvait pas nous faire quelques pâtes pour éponger la bière. Ouais, je pense que ça passerait bien... L'ambiance, par contre, n'était pas très folichonne, c'était discussion de sociologue, oui tu penses quoi du recrutement dans le département, franchement y'a des clans, moi j'aurai jamais le poste, etc.

Du coup, on a terminé la soirée chez un étudiant où je me suis bien marré. J'ai enfin dépassé les conversations, moi la France, toi le Québec, pour déconner et rigoler sur d'autres sujets. Quoique non, en y réfléchissant, on a quand même un peu parlé de nos différences, mais c'était marrant et léger. Youhou !

22.04.2006

Mondanité

Cela m'a fait bizarre de sortir vendredi soir (hier soir) dans Montréal !!!! Sortir tout court, sans la neige, avec des rues pratiquables, sans dangers. Cela faisait bien longtemps que je n'avais fait une vraie sortie.

Les rues du plateau Mont-Royal sont vraiment jolies, je ne les connaissais pas vraiment, les souvenirs de septembre sont loin et l'hiver effacé l'image de ces bicoques originales. Les couleurs dans la faible lumière de la fin d'aprés-midi étaient ravissantes, les escaliers vraiment étonnants. Je redécouvrais Montréal six mois plus tard et c'était vraiment agréable. Je partais pour un 5 à 7.

Et oui un 5 à 7 messieurs-dames. Etonnant non ? Vous ai-je entretenu de cette tradition à la dénomination légèrement ambiguë ?

Faisons-le tout de même !

Un 5 à 7, ça a lieu toute l'année, mais je restais, jusque-là, éloigné de cette pratique pour cause de timidité, de malaise en société. Je me suis forcé pour ce dernier rendez-vous, cet ultime 5 à 7. Direction l'Intrus, un bar au parc Lafontaine. Que de bars dans ce quartier, je loupe quelque chose à ne pas y aller plus souvent !!! Mais bon, faut-il forcer la nature de mes réticences à la vie mondaine ? L'Intrus me ferait pencher vers l'affirmative.

Nous nous sommes rendus à ce mystérieux rendez-vous avec Jessica, une amie française en sociologie. Nous avions décidé de prendre du bon temps, relâcher la pression malgré les dossiers non encore rendus, se détendre de l'âpre acquisition du savoir sociologique. Quoi de mieux alors qu'un 5 à 7 ? Je pourrais dire un cinoch, un concert, une bonne après-midi devant la télévision, un bouquin !!! Mais un 5 à 7, c'est pas mal aussi.

Bon j'essaye d'introduire un suspens sur la signification d'un 5 à 7, en jouant sur un possible rendez-vous sexuel avec une secrétaire aux montures de lunettes épaisses, en cachette d'une légitime relation avalisée par l'institution étatique, mais je n'arrive pas à enchaîner jusqu'à la douloureuse révélation qu'un 5 à 7 n'est seulement qu'une assemblée de sociologues (ou autres, ça se fait dans tous les départements) dans un bar, dans le but avoué de se soûler la gueule en liant de la sociabilité avec ses congénères dans un contexte différent de la salle de cours... Voilà, je suis un peu déçu, ma révélation n'était ce que j'en attendais.

M'enfin bref, nous voici rendu au 5 à 7 de socio. Ces réunions sont organisées par l'association des étudiants de sociologie, ainsi la bière nous a été offerte en notre qualité d'apprenti sociologue. Trop cool, se soûler grâce à l'université. Le Québec, c'est vraiment magnifique.

Dans le contexte universitaire français, ce genre de réunion est inenvisageable, pour moi. Que tous les étudiants de sociologie se réunissent dans un bar, chaque semaine pour boire des coups entre eux, je n'ai pas connu ça. Certes tous les étudiants ne se rendent pas au 5 à 7, mais la possibilité existe. La faune était essentiellement constituée de doctorants et de gens de maîtrise, comme nous. L'ambiance détendue, la conversation ouverte. C'était agréable et puis, je le répète, y'avait de la bière gratuite.

 

... à suivre ...

21.04.2006

Mues

Serait-ce un complexe des gens du froid ?

Depuis maintenant plusieurs jours, le soleil réchauffe l'atmosphère de Montréal de manière assez radicale si l'on compare les actuelles températures à quelques extrêmes que nous avons connu cet hiver (qui fut un petit hiver pas très rigoureux). Cependant, il ne fait pas bien chaud. C'est le printemps, c'est normal, l'après-midi, l'agréable soleil chauffe les terrases et les coins de verdure éparpillés dans l'urbaine cité. Mais le fond de l'air est frais. L'adage est pour moi à respecter avec la rigueur d'un physicien dans son laboratoire : en avril ne te découvre pas le string. Sans cela, le rhume est assuré. Alors je garde mon manteau toujours à porter de bras et refuse de me mêler à l'actuelle frénésie que Montréal semble connaître à chaque début de printemps.

Le sens commun parle de la frustration de l'hiver, le froid trop longtemps subit, poussant l'ardente population montréalaise à se précipiter dehors, débardeur et mini-jupe sans collants, comme nouvelle combinaison pour affronter le monde. Le sociologue devant ce phénomène, cette réaction violente à la fin de l'hiver, pourrait construire un ensemble de représentations intéressant.

Pourquoi ces filles et ces gars se pârent-ils de l'habituelle garde-robe estivale, si tôt dans l'année et avec des températures qui ne justifient pas ces raccourcisements exagérés de l'avis raisonnable et général ?

Ma foi, cela n'a pas que des inconvénients, les garçons savent apprécier ces manifestations printanières, ces mues progressives et sensuelles.

19.04.2006

Ambiance de travail

Voilà j'ai rien de spécial à dire, à part que la musique à la con, c'est quand même vachement sympa et que ça met de bonne humeur !!!!!!!!!!!
Vive les mouettes ! 

17.04.2006

...

Parce que des fois rigoler aux dépens des stars américaines c'est bien :

Les stars à bubons

Alors moi, j'ai pas les images qui s'affichent, donc je clique au hasard et puis pour recommencer faut faire actualiser avec un clic-droit...

Ok, ça va, criez pas, je me mets au boulot !!!

12.04.2006

Questionnement 3

Stimulation intellectuelle oblige (l'exposé-dossier à faire pour demain), je suis prolixe. Mon bulbe s'énerve tout seul et pense à des trucs que des fois, je me demande...

Je vous en fait part, comme ça, brut de pomme :

L'homme a-t-il arrêté d'évoluer ? Sommes-nous vraiment les mêmes depuis les 3 ou 4000 ans que dure le règne sans partage de l'homo sapiens-sapiens (j'avoue, la date j'en sais rien, je remonte juste aux premières grandes civilisations, si quelqu'un à la date).

Dans le cas où nous continuons d'évoluer, quelles évolutions subira notre corps ? Ah, en voilà une bonne question. Cela fait réfléchir n'est-il pas ?

Ma contribution à cette eugénisme naturel, à cette manipulation génétique légale :

Supprimer les doigts de pied. Ces trucs sont parfaitement inutiles. A part les artistes de cirque (et quelques amoureux), qui s'en sert encore ? Personne !!! Alors je pronotisque pour dans dix milles ans, la fin du doigt de pied. Qui tient le pari ?

J'en veux pour preuve, notre ami Dick Rivière - vous savez le faux Elvis - qui n'enlevant pas ses chaussons de rochk'n roll, des santiagos, s'est retrouvé les orteils complétement absorbés par la peau. En plus, ça sentait la noisette... Et quand ça sent la noisette égal pourriture, c'est un vieux truc africain.

Questionnement 2

Dans la vie d'un étudiant à Montréal, il y a des plages creuses (pas beaucoup !!!) qu'il faut savoir remplir astucieusement. Prenons, par exemple, la plage horaire de 2h30 du matin. Que peut-on bien faire :

Faire son épicerie ? Malheureusement, le libéralisme sauvage n'a pas atteint le Québec, l'exploitation des travailleurs s'arrêtent à 21h.

Regarder la télé ? Ah non, ça j'ai pas ici ! C'est pratique pourtant...

Trouver un ami et rigoler joyeusement dans un débat d'idées passionné ? Dommage, ils ne travaillent pas leur dossier de nuit comme certain...

Se passionner pour la vie d'Etienne de Silhouette ? C'est déjà fait.

Trouver une copine ? Pfff, j'y pense même pas, j'ai les yeux totalement défoncés par l'écran et le poil terne. (Ok, ça va, j'ai rien trouvé de drôle à dire)

Prendre part à la polémique sur la souveraineté du Québec ? Même problème que pour trouver un ami (voir plus haut).

Dormir ? Ah peut-être !!!

...

J'ai trouvé, c'était facile pourtant. A 2h30, on va plier son linge qu'on a un peu oublié, depuis deux ou trois heures, dans la buanderie. Passionant moment que plier délicatement ses caleçons, ses chaussettes et ses t-shirts (les sweats et les pantalons, ils sèchent sans sécheuse, ils ont déjà assez rétréci comme ça). Même si pour les t-shirts, j'ai vraiment pas la technique.

Et à 3h00 du mat', on écrit cette fabuleuse aventure sur son blog parce qu'on a vraiment rien de mieux à faire. Celui qui me parle de l'exposé, attention... Je m'énerve facilement !!! 

11.04.2006

Mais pourquoi est-il aussi méchant ?

Mais non, je suit pas méchand, j'm tt le monde, la vy et plein d'amour alor je ofre à vous tous un petit ange, vous aite tous si genti, vous être comme mes ange, merki d'existé je vous aime d'amour (et de choucroute)...

Flûte, marche po mon gif

Sans rire, j'ai rien contre les blogs de gens un peu sentimental qui n'ont rien d'intéressant à dire, ni à faire. Moi-même n'en fais-je pas parti ? Juste ça me gave en tabernacle (et oui c'est le mélange des cultures) de planter mon ordi parce qu'un sale blog de merde est rempli de 1500 gifs, plus de la musique à la con. Mais bon, j'ai qu'à pas cliquer sur des titres de blog suspect : Mon monde merveilleux... °OoO°La vie est chouette°OoO°... Tu es toute ma vie mon chocolat Kinder, etc. Méfiez-vous donc de ce genre d'intitulé. Préféré les Je suis folle, ça dérange quelqu'un ?, les Voyage dans mon esprit torturé, les très bons Chronique de ma vie de fille célibataire et évidemment les excellents Je me pèle dans un pays de cons, qu'est-ce que je fous là ???

 

- Et ton exposé dans tout ça ?

Je vais faire comme si j'avais rien entendu...

10.04.2006

Questionnement

Maintenant que l'aventure tire sur sa fin, j'ai l'envie de faire partager mon blog à mes nouveaux amis. Et oui, ce blog est resté, sinon secret, tout du moins non lu par les Montréalais d'adoption que je cotoie.

Je me tâte vraiment à leur donner l'adresse et à les laisser lire ce qui les intéresse sur ce blog. Je ne pense jamais avoir dit du mal d'eux. Mais ce qui me retiens c'est toutes ces choses sur mes angoisses, sur ma déprime. Je sais qu'il y a quelques lecteurs dont je connais la palpable réalité, mais quand j'écris, je ne pense pas à eux. J'écris ma sensation, mon émotion, les notes sont des besoins urgents de mon organisme. Je n'aurai pas pu écrire tout ça, s'ils avaient du le lire. Alors doivent-ils le lire un jour ?

La question reste en suspens.

 

Et qui êtes-vous, vous ? Je me souviens au début, dans l'enthousiasme de la découverte, mes notes étaient appréciées et les commentaires positifs. Mais au fur et à mesure, le temps difficile a fait son oeuvre et la morosité a pris place dans ma prose. Alors quels sont les visiteurs intéressés par cela ? Qui lisent ces notes ?

 

Décidement cette note est un fourre-tout.

J'ai l'envie également de faire partir ce blog sur des questionnements encore plus intimistes sur la vie, des réflexions personnelles sur la vie d'un étudiant, d'un contemporain un peu perdu. Ecrire mes pensées, bref faire un blog comme ceux que j'aime pas beaucoup où des gens, qui ont une vie banale, la pimente par la tenue d'un blog, en prenant part au dernier débat politique ou faisant partager leur dernière réflexion sur la perte d'identité dans la société. Ouais j'ai envie de faire un truc comme ça.

Merde je suis vraiment banal !!!

08.04.2006

J'ai comme trop mangé !!!

Ce soir, là, je viens de rentrer sain et sauf, le retour fut délicat, mais je suis de retour de la Cabane à sucre.

Une cabane à sucre, c'est différent d'une cabane en sucre. Et puis, c'est pas vraiment une cabane. Mais bon, il est vrai qu'on y mange essentiellement du sucre.

Je me suis pêté le ventre comme on dit chez moi. J'ai vraiment les parois qui vont exploser. Le retour en bus scolaire fut délicat, comme mentionner plus haut. Ah oui, je suis fier de vous annoncer que j'ai pris un bus scolaire. Alors pas les bus pourris de la région, avec tous les drapeaux européens sur le côté. Non ici les bus scolaires, c'est le fameux bus jaune, avec marquer dessus John Callagan High School (enfin sur le notre j'ai pas regarder), ce genre de truc... Bref le même que dans les films américains. Hé ben comme dirait Jessica, une amie française, c'est trop la classe. Par contre, lorsqu'on est à la place du passager, ça devient rapidement, c'est trop la merde. Pas d'amortisseur, des sièges, plutôt des bancs où les vibrations sont bien retransmises à toutes les parties de ton corps. Donc, lorsque l'on a une digestion difficile, les chaos des routes mouvementées québécoises accentuent le mal au ventre. Mais bon, quand j'ai su bien gérer. Tout va bien maintenant, je suis rentré, tranquillement assis.

Reste à savoir comment je vais faire pour évacuer les kilos de sucre que j'ai dans le sang. Dans une cabane à sucre, les plats, c'est à dire une omelette (différente de la traditionnelle), le jambon cuit, les fèves au lard, les oreilles de crisse (du lard frit, ça c'était super dégueu), les patates, plus les desserts comme les crêpes (pancakes), la tarte au sucre (à base de 99% de sucre) et le pouding chômeur (gâteau super méga bon, le meilleur avec la soupe en entrée)... Toutes ces folies culinaires à volonté, alors comme faut pas m'en promettre, me suis servi de tout trois fois, sauf le dessert, juste deux poudings chômeur, tout ça doit être recouvert de sirop d'érable fraîchement recueilli de l'érablière (forêt d'érable), même si notre cabane ne jouxtait que d'immenses champs nus. Alors voilà pourquoi j'ai un peu mal au ventre. Mais, j'ai bien tenu. C'était bon. Et j'ai oublié de parler du pain à volonté avec le beurre...

Donc tout ce sucre est à l'intérieur de moi maintenant... Je le sens prendre place. Il faut que je l'élimine de mon sang... En plus les tires sur la neige ont rien arrangé. Une tire sur la neige, c'est du sirop d'érable chauffé qu'on dispose sur de la neige fraîche. On enroule cette pâte devenu plus ou moins solide autour d'un baton, comme ceux des esquimaux et après on fait comme avec un esquimau. Enfin quand je parle d'esquimau, il faut entendre la glace et non le cousin de l'inuit peuplant le nord du Québec. Quelques tires n'ont rien arrangé à ma glycémie. Enfin bon, j'irai faire des analyses bientôt.

Merci la résidence d'avoir organisé cette chouette sortie. Deux expériences en une : le bus scolaire et la cabane à sucre. 

07.04.2006

RIP Winter. Nous te pleurerons.

Et vous me direz : et Montréal dans tout ça ? Et vous auriez pas tort. Et j'arrête avec les "et".

Ma tête a beau être un beau bordel, mes émotions en éruption et mon boulot en queue de castor, je suis quand même à Montréal et ça déchire, mec, bordel de merde.

A Montréal, il se passe du nouveau. Pour les Montréalais, vous allez rigoler, j'ai pas mal de trains de retard. Mais bon, de l'autre côté de l'océan, ils sont pas forcément au courant. Alors, il se passe un truc magique, que le cloîtrement de ces derniers temps a permis de réaliser. Hop un peu de solitude et le monde reprend sa magie.

En effet, la dernière fois que je me suis balladé vraiment dans Montréal, la neige occupait le paysage d'une main de fer, ne laissant à personne d'autre la plus petite visibilité possible. Les arbres la ramenaient pas, la pluie se cachait en Bretagne, le soleil était là, mais la chaleur était au bar à danseuse. Bref, c'était l'hiver. C'est con à dire mais cette domination est terminée. C'est la fin d'un règne, la dictature de la neige a cessé.

Lorsque l'on se ballade désormais, rien n'entrave les rues, les chemins ont repris leur tracé habituel. La neige ne dicte plus sa loi au piéton. Le béton refait son apparition et l'asphalte ne lutte plus pour faire couler la neige sur ses côtés. En allant sur le Vieux-Port, plus de neige, nulle part. Vous pouvez me croire, ça fait bizarre. L'habitude de traverser certain endroit couvert de neige est achevée. L'épaisseur de glace derrière la mairie a fait place à la pelouse jaunie qui nous avait fait ses adieux à l'automne. Les énormes congères faites par les déneigeuses sont maintenant presque fondues. Les parkings n'en sont plus encombrés. L'automobile peut reprendre sa place. Les piétons également sont heureux, ils marchent sans péril à nouveau, sautillant d'allégresse dans l'oubli des glissades et autres gadins.

Sur le Vieux-Port, la glace de la patinoire est partie en Arctique, elle a migré et la structure de bois n'atteste plus qu'à elle seule de l'existence d'un endroit où les touristes venaient glisser en fin de semaine. Tout autour l'eau limpide de la glace fondue me fait penser à quel point Montréal peut être sale. Mais j'en parlerais peut-être dans une prochaine note. Le Saint-Laurent doit être encore bien glacé, mais sa surface n'est plus recouverte de plaques de glace (en même temps, il faisait nuit, le manque de lumière m'a peut-être joué des tours).

L'hiver est passé, il fut court, mais bon et beau. Je regretterai les froids intenses dont je n'ai certainement pas assez profité. Il fait tout de même encore froid à Montréal, l'hiver tire sa révérence, mais n'est pas totalement sorti de scène. Le vent est encore là pour nous rappeler à son souvenir, à son bon souvenir.

D'ailleurs, j'ai eu bien plus froid ce soir à me ballader, que lorsque les températures étaient en dessous de zéro. Pourtant, mises à part les chaussures, mes vêtements étaient les mêmes.

 

(Qui a soufflé en disant, encore une note sur la météo ???)

La douleur

Voilà maintenant quelques mois que je souffre. Je souffre secrètement, au fond de mon lit, à l'intérieur de mes pensées, je serre les dents. J'ai mal, mais je ne le dis pas. Je suis homme courageux et viril qui résiste à la douleur comme jadis ses ancêtres, lors de brutaux combats ne criaient des chants guerriers que pour cacher la douleur causée par la lame tranchante d'une épée ou d'une hache (je connais pas vraiment l'origine de mes ancêtres guerriers).

Je souffre.

Je ne sais quoi faire. Y'a-t-il un docteur pour ce genre de douleur. Une douleur aiguë, assaillant sans avertir, pas de prémisses, la douleur et c'est tout. Cela fait mal, mais que faire ?

J'ai essayé quelques solutions personnelles qui n'ont pas marchées. L'élite médicale trouvera-t-elle une autre solution ? N'est-ce pas espéré en vain quelque réponse de cette corporation critiquée dans ce genre de domaine ?

Lorsque je marche, la douleur s'éveille d'un coup et l'assaut est rude. Mais je résiste, j'avance, un peu bizarrement, de façon étrange, mais je continue mon chemin. La douleur n'arrêtera pas mon avancée dans la vie. C'est dit. Une des seules choses dont je sois sûr. Pour l'instant je supporte. L'avenir peut-il se construire sereinement avec un tel handicap ? Je pense à ces personnes qui font avec l'handicap et qui font bien. Mais qu'en est-il de moi et ma douleur ?

Ah j'ai mal ! Mais j'avance toujours, jusqu'à quand, pour combien de temps encore... Mes projets ne seront-ils pas compromis de contraintes par cette douleur atroce ? Je le crains, mais si tel est le cas, je ne faiblirai pas, j'aurai mal, mais continuerai vaillamment mon chemin, droit, toujours vers l'avenir...

 

(La douleur ou comment dramatisé un douleur à l'épaule, certainement dû à un nerf coincé.

On peut voir sur la photo à droite, l'expression pleine de douleur du vaillant chevalier, un peu marseillais)

04.04.2006

Un sale gamin

Ma vie est folichône, ces temps-ci. Je dirais même qu'elle est platte, avec deux t comme les québécois (enfin je crois). Je suis dans une galère internationale niveau boulot. J'ai deux dossiers à rendre que je ne peux pas repousser, car j'ai un exposé en même temps que la date de rendu. Donc, ça ne le ferait pas trop d'arriver en disant à toute la classe : heu, c'est possible de faire mon exposé la semaine prochaine. Je pense que ça passera moins bien qu'avec le prof.

Voilà mes angoisses. Ces exposés que je ne débute pas, je traîne comme d'habitude, je fais rien, je fais les courses, j'achète des patates surgelées, je vais à la bibliothèque le jour où elle est fermé (comme toujours), je lis des trucs qui ne servent pas mes études, je me prive de donuts parce que je suis trop con d'aller à la bibli, le jour où je devrais savoir qu'elle est fermée, etc. Donc, grande ambiance dans la chambre 109. Heureusement qu'il existe internet, quand on a pas la télé.

Malgré ces angoisses, je suis plutôt zen, pas énervé, tranquille, pas comme la dernière fois où j'écrivais des notes avec tout le désespoir qui m'habitait. Cette fois-ci, ça va. Pourtant, c'est plus grave, parce que j'ai pas de recours. Mon devoir de trente pages est pour dans deux semaines et celui dont je ne connais pas encore le nombre de pages, ni vraiment ce qu'attend le prof, dans une dizaine de jours. Y'a de la marge, mais bon... Rajoutons que les sujets sont pas vraiment définis et je ne suis pas plus terrorisé que ça... Etrange, ma foi.

Que dire de plus ? Mon mémoire se présente vraiment mal pour le mois de septembre et par conséquence la réussite de mon année. Il se présente plutôt mal, puisqu'il n'existe pas du tout. Si de surcroît, je rate l'année, il faudra sans aucun doute, que je rembourse les bourses, ça serait con...

 

Pourtant, je ne m'agite pas. Je suis un sale gamin vraiment...

 

Rhôôô, c'est nul, ça fait le mec qui s'en fout des études, un peu pourri gâté, genre rien ne m'atteint, je suis trop fort de toute façon... Pourtant c'est pas vraiment ça !

03.04.2006

Les films d'avant

J'ai vu un bon film ce soir.

L'homme qui aimait les femmes de François Truffaut.

Est-ce que c'est parce que c'est un Truffaut ? Ce nom, qui inspira l'envie de cinéma à Splieberg, me fait-il aimer le film par sa seule évocation ? Est-ce parce que c'est tellement différent de ce qu'on fait aujourd'hui, de ce que j'ai l'habitude de voir ?

Les acteurs jouent mal dans ce film. C'est provocant de dire ça de la plus belle garde d'acteurs français. Mais c'est vrai, le jeu est théatral, ça ne se fait plus aujourd'hui. Les acteurs d'aujourd'hui jouent "réel".

Les dialogues sont mauvais également. Toujours aussi provocant. Mais certaines phrases ne sont pas naturelles et de la spontanéité qu'elles devraient évoquer, elles ne donnent que trop de grandiloquence à ceux qui les disent, une affectation de style. Les dialogues des films sont aujourd'hui spontanés, ils ne cherchent pas de style littéraire, un peu pompeux.

La réalisation est mauvaise. Comment puis-je dire une chose pareille ? Certaines transitions sont un peu tirées par les cheveux. C'est lent, Truffaut prend son temps. Par contre la photo est plutôt bonne. L'éclairage est vraiment bien.

Le générique de fin est vraiment pourri. Ces jambes qui passent devant des bouquins mal empilés, bof.

 

Je suis content de dire tout ça. Ce n'est pas que je n'ai rien compris au film, que je le trouve nul. J'ai dit que j'avais aimé ce film, beaucoup même. Le monde a changé, c'est tout. Le cinéma aussi. On ne le fait plus maintenant comme avant, en 1977 en l'occurence. Et ça j'en suis content. Je suis content de juger ce film avec les critères du cinéma contemporain, même si mon cinéma de référence est des plus commercial. Je suis content de ne pas appartenir à tous ces gens - à tous ces jeunes puisque je parle de moi - qui vivent dans le souvenir de ce qui se faisait avant eux ou durant leur enfance pour critiquer la production actuelle. Je suis vraiment heureux de ne pas appartenir à ces fascagats qui vivent dans une autre époque parce que la notre est trop moche et qui rêvent de faire ressurgir des ruines, dans lesquelles ils rêvent, certains modèles de cinéma, de littérature, de je ne sais trop quoi.

L'art traverse les époques et les fait parler à travers son média. Regretter un art passé, c'est ne pas comprendre cette évidence et refuser de vivre au présent. La vie est faite comme elle aujourd'hui et dans trente ans, d'autres cons voudront voir le cinéma qui se fait aujourd'hui sur les écrans ultra-fins, ultra-large avec système audio intégré dans l'écran lui-même et dvd dans l'accoudoir du fauteuil. Ils regretteront le temps d'avant, comme (attention prendre la voix de Francis Cabrel à partir d'ici) l'homme qui a peur de l'avion, que c'est pas naturel un truc si lourd qui vole avec l'homme dedans et du train quand il entre dans un tunnel que ça bouche les oreilles de l'homme.

Etonnant, non ?

Il est 18h30 et il fait encore jour... Etonnant, non ?

28.03.2006

Aaah Ouakinneutone!!!

Et oui, je me ballade beaucoup. Je reviens de Washington D.C., capitale fédérale et ville sans échelle, aux dimensions vertigineuses. Lorsque les différents présidents ont bati les mémoriaux, les monuments divers et leur maison, le cadastre ne posait aucun problème. Et vas-y que je te construit une statue de six mètres de haut par-là, que je t'aligne six ou sept musées tous aussi grands les uns que les autres, et vas-y que je te construit tout en marbre et vas-y que je fais un dôme pour le Capitole des plus impressionants, et vas-y que pour le Pentagone, je te fais le plus grand bâtiment du monde (avec 7748 fenêtres), et vas-y que leur cimetière militaire fait du 240 hectares et vas-y qu'on a que trois jours pour voir tout ça... Encore une fois, mes pieds ont morflé, les pauvres, ils me détestent et me le font bien sentir...

Mais au-delà de la souffrance, le bonheur d'avoir découvert la capitale et son architecture néo-classique (si je me trompe pas) font un effet des plus époustouflant bien que grandiloquent. Cette ville est agréable, rien ne perturbe le regard, tout est beau et bien proportionné (même si c'est immense), je me demande si les architectes n'utilisèrent pas le nombre d'or pour dessiner les plans. Les perspectives sont soignées et recherchées comme sur le mall, ligne droite allant du capitole au Lincoln mémorial sur 3,5 km. Ce voyage m'a apaisé, un baume pour les nerfs, bien qu'un de mes nerfs soit bloqué dans mon épaule et ait gâché une partie du voyage. Cet onguent architectural, ajouté aux effets thérapeutiques de la peinture et de la sculpture de la National Gallery of Art et à la saine ambiance des rapports amicaux, font de ce trajet en bus de quinze heures, un des meilleurs souvenirs de voyage aux EU.

17.03.2006

Suduku

Oui, je fais des sudoku. Et alors, ça dérange qui ? Personne ! Je m'énerve pour rien alors. Mais bon, c'est vrai que par l'ampleur de ce jeu et le fait qu'il soit à la mode, il est décrié par le bon sens commun. Un peu comme Lorie, sauf que dans un des cas, ce soit justifié. M'enfin, ça n'empêche pas qu'une grille soit dure à mener à terme.

Comme je me suis enfin mis à mon devoir, j'en fais moins et n'arrive même plus à les terminer dès que les chiffres se font rares.

Pour frimer un peu et savoir si j'ai de bons résultats, vous pourrez me faire part de vos propres performances, voici mes meilleurs temps :

En mode simple, j'ai terminé une grille en 7 minutes et 46 secondes.

En mode moyen, j'ai achevé ma grille en 13 minutes et 35 secondes.

En mode dur, super balaise, trop une bête, j'ai truicidé la grille en 37 minutes et 53 secondes.

Voilà, pour moi, j'ai l'impression que c'est super balaise, mais j'enflamme vite en général. Je suis sûr que les faciles, certains malades les finissent en une minute.

Et pour ceux qui veulent s'essayer : Miniclip - Sudoku

 

15.03.2006

Souvenir d'enfance nocturne

Cette fois-ci, j'oublierai pas de sauvegarder avant de mettre en ligne.

 

Hier soir, dans la nuit, il m'est revenu en mémoire un souvenir d'enfance. C'était à la fin du primaire, en CM2, le collège ouvrait ses portes prochainement et mon imagination travaillait dur à cette perspective. Cette étape représentait le passage vers l'âge adulte. Ce n'était que l'adolescence, mais la sixième était pleine de promesses vers une émancipation, la vie d'enfant serait derrière moi et je pourrais faire ce que bon me semble, mes parents abdiquant devant les nécessités de liberté qu'une vie de collégien exigeait. Bon je vous l'ai dit, tout ça se passait dans mon imagination.

Un fantasme de cette vie nouvelle m'excitait particulièrement. La perspective de passer des nuits entières à travailler, sur un bureau en désordre, plein de pages gribouillées, de livres ouverts, de feuilles raturées et chiffonnées, avec une seule source de lumière qui défendait la main tenant le stylo, instrument d'un cerveau prolixe et méritant, de l'obscurité envahissant tout autour. A cette époque la nuit ne pouvait servir qu'à dormir, avoir d'autres activités durant cette période n'était qu'affabulation. J'envisageais que les adultes pouvaient veiller jusqu'à minuit mais avec quelle difficulté. Et surtout pourquoi, je ne voyais pas l'intérêt. Mais travailler toute une nuit était une bonne raison. Et quelle preuve de subversion

Avant de conclure, je me rappelle d'une anecdote. Un camarade s'étonnait qu'on puisse appeler des émissions de radio nocturnes. En effet, comment cela était-il possible sans réveiller les parents ? Pour moi, l'explication tenait dans la supercherie de ces émissions de radio qui employaient des comédiens pour jouer les auditeurs à problème. Hé hé, à l'époque on la faisait pas aussi facilement que ça à Lolo...

Cela étant dit, il me tardait tout de même de connaître ces veillés studieuses, symbole de liberté et de maturité.

Et bien lorsque le rêve enfantin devient un quotidien, le goût de cet âge insouciant devient des plus amer.

Et merde

J'en ai marre d'être con. Chaque fois je me dis qu'il faut que je fasse un copier de mon texte avant d'appuyer pour le mettre en ligne... Et non chaque fois, je me retrouve à avoir tapé un texte avec amour, envolé par la connerie de l'informatique, euh plutôt ma connerie envers l'informatique... Marre, marre, marre !!!!

12.03.2006

Un but, deux buts,..., sans but

Tout compte fait, je vais essayer de faire ma note envisagée sous la douche.

Avoir une existence sans but et avancer quand même vers quelque chose. Voilà un paradoxe, dont nous sommes nombreux à faire reculer la limite chaque jour.

Ne pas avoir de but, c'est être sans objectif, ni à court, ni à long terme. Pas de projet, pas de passion, pas grand chose qui émeut ou pas longtemps alors. Prendre un livre, se dire chouette alors, c'est génial ça et s'arrêter au bout de trois pages. Avoir envie de déplacer des montagnes, mais rester assis parce que ça fait peur de déplacer une montagne et que j'ai pas vraiment envie de foutre le bordel dans les plaques tectoniques.

Alors est-ce vraiment une existence sans but, de la paresse gargantuesque, un manque de confiance en soi abracadabrantesque ? Ma foi, en ce qui concerne la sociologie, je pencherai pour la première. Mon manque de motivation à faire ce devoir et le peu d'enthousiasme qui m'anime dans la préparation d'un mémoire qui joue l'Arlésienne pour l'instant, fait pencher la balance vers l'abscence de but. Nourrir un espoir, une envie dans la sociologie suffirait à faire avancer quiconque. Je n'ai pas cela. Alors si on ajoute ça aux deux autres facteurs, ça fait passer des journées à faire des sudoku à la con et à s'enthousiasmer (cette fois) à terminer une grille "hard" en 65 minutes. Cette grille m'a donné plus de satisfaction que n'importe quel devoir rendu auparavant.

Viens le moment des grandes questions existentielles qui riment à rien, sauf au déjà-vu. Que faire de ma vie ? Continuer la sociologie ? Faire quelque chose qui me plaît ? Qu'est-ce qui me plaît ? Ne rien faire et attendre qu'un truc méchant me tombe sur le coin... du nez ? Et si je me bougeais le cul à faire ce maudit devoir ? Je repousserai ainsi, comme à chaque fois, l'angoisse de l'avenir, attendant la prochaine échéance pour me forcer à faire un truc que je ne déteste pas vraiment, mais qui ne m'égaye pas plus. Et si ça suffisait de toujours repousser !

Je ne suis pas intégré dans le monde de la sociologie. Je ne connais pas de prof, je ne connais pas d'étudiant, je ne connais pas vraiment la sociologie. Je ne suis pas passionné par savoir pourquoi les populations du Brésil connaissent le chômage, pourquoi les sdf sont dans cette situation, savoir comment les familles bourgeoises parisiennes vivent la notion de famille. Je croyais que je pourrais connaître le monde, le comprendre, comprendre pourquoi je regarde autant la télé, pourquoi je n'ai pas de but, pourquoi je suis plus intéressé par l'avis de Steevy sur le conflit en Irak que par la critique de la raison pure de Kant. Comprendre pourquoi je suis comme ça.

Mais la sociologie n'a pas de réponse, elle est emmêlée dans ses problèmes épistémologiques à savoir si une enquête par questionnaire donne une connaissance plus valable qu'une enquête par entretien. Elle ne permet pas de comprendre la complexité des gens, pourquoi ils écoutent du Marin Marais en lisant Marc Levy, tout en écoutant d'une oreille les potins d'Hollywood et cela avec un intérêt égal.

Mais voilà, je n'ai pas la force de me passionner sur ce problème et, comme souvent sous ma fameuse douche, je cogite en apportant des réponses lumineuses sur ce genre de questions, mais en vain. Je n'aboutis pas !

 

Et puis, tellement de monde a déjà réfléchi à ces questions. Quand j'en prend compte en rédigeant un devoir, je me sens souvent impuissant à dire mieux ou différent. L'impression que tout a été dit, de surcroît par des gens plus érudit que je ne suis, alors à quoi bon donner un avis bancale. Les profs ont beaux faire participer les étudiants, il n'en ressort le plus souvent que des platitudes, des conneries. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ces débats en cours. Ils ne font pas avancer grand chose, à part la compréhension de ce que le prof a dit. Dans ce genre d'exercice, l'étudiant se retrouve toujours à dire n'importe quoi.

M'enfin ce n'est peut-être que mon côté français...

 

PS : désolé pour le titre, il était tard...

Une question de pied

Quand je prends une douche, je dois m'attendre à un intense moment intellectuel. C'est le moment de la journée avec les prémisses du sommeil où mon cerveau fonctionne à fond les manettes. J'ai des milliers d'idées, des centaines de notes marrantes à rédiger (notamment celle-là), des dizaines de plans et de projet de devoir pour la fac. L'eau doit isoler phoniquement les parois de mon bulbe, qui se laisse aller aux divagations les plus téméraires et les plus intéressantes. J'ai souvent des éclairs, que j'attribue au génie évidemment, il ne peut en être autrement, mais une fois la douche coupée, toute la motivation, à faire ces choses complétement super qui m'avaient traversé l'esprit, retombe comme la misère sur les pauvres ou quelque chose comme ça.

Merde alors, tous ces beaux projets, toute cette envie de terminer ce devoir qui traîne depuis des lustres, tout ça est anéanti par une suite de mouvement qui s'enchaîne de la coupure de l'arrivée d'eau au brossage de dents en règle. Il faudrait peut-être que je saute sur mon ordinateur encore tout ruisselant, que j'écrive toutes mes idées sur un papier waterproof. Cette ébullition ne sert donc souvent à rien. Et j'avoue mon impuissance à changer cet ordre des choses. Il n'y qu'aujourd'hui où j'écris cette note naissant sous l'eau brulante, bien des heures après être sorti de la douche. Mais l'autre note que je voulais écrire, je ne l'écrirais certainement pas. D'ailleurs je ne me souviens pas vraiment de ce qu'elle devait contenir, à part des idées géniales et une ambitieuse explication des sentiments corrélés à une existence sans but.

Bref, tout ça pour dire que sous ma douche, avec tous ces trucs qui me passent par la tête, l'esprit trop occupé à penser à des choses éthérées, j'en oublie la matérialité la plus simple et la plus palpable et nécessaire : me suis-je savonné les pieds ?

Du coup, je les ai lavés deux fois.

Vous sentez ?

Il fait 8 degrés ici, le soleil brille, le ciel est bleu. Cela ne sentirait pas l'hiver ? Non, ça sent le petit moment de bonheur que je m'offre malgré le fait de ne pas le mériter.

J'ouvre la fenêtre, ma porte et un courant d'air chaud parcourt la chambre, c'est une sensation des plus agréables. Un moment de bonheur. Je me prépare à manger, fait sauter des champignons qui embaument la pièce de leur odeur aux accents d'été toulousain. Je suis en short et t-shirt, mes tongs au pied et je suis bien... Pour un petit moment, je me délecte de cette joie.

Cela n'a pas duré, car la pollution du dehors vint vite irriter mes narines. J'ai du refermer sans autre forme de procès.

09.03.2006

Glandage à outrance

Alors là je suis allé trop loin. J'ai dépassé les limites, celles qui me tenaient dans le rang des étudiants moyens depuis ma scolarité. Le franchissement de cette limite s'annonçait depuis mon entrée au lycée, repoussant toujours les révisions, mais restant dans les délais autorisés pour le rendu.

Depuis une semaine, j'ai franchi ce cap, pour moi primordial, du non-rendu d'un devoir. Je devais expliquer en dix pages, ce qu'est pour moi l'épistémologie. Et bien, nous sommes une semaine plus tard et je n'ai toujours pas commencé à rédiger quoi que ce soit.

J'erre dans mes pensées, sur internet, dans la journée pour avancer toujours plus loin le moment de m'y mettre. Les devoirs du premier trimestre étaient un signe avant-coureur. J'avais rendu un devoir un peu à la bourre, mais d'un jour. C'était pas pire !

Là c'est autre chose. Je dois le rendre en principe demain. Et il ne sera pas prêt demain, c'est sûr. De plus, je ne panique pas plus que ça, serein dans le rien-foutage, je passe mes journées à écrire des notes de blogs, à ne rien faire, mais alors vraiment rien.

D'ailleurs comment est-il possible à un homme de autant rien faire. Aucune activité intellectuelle, pas de sortie, pas de contact avec des êtres humains palpables. Le néant, mais bien vécu. J'aime passer des moments comme cela, de temps en temps, une solitude un peu austère.

 

Vais-je m'y mettre bientôt ? Vous le saurez si je ne publie plus de note pendant un ou deux jours... 

New York : épisode 2

Deuxième jour de cet horrible séjour à New York, ennuyeux, rébarbatif, en un mot commun.

 

On commence par la 5th avenue, personnellement, je voyais pas l'intérêt de voir tous ces magasins de luxe, ces tours de bureaux des plus célèbres. Voir la bourgeoisie capitaliste contemporaine affichée sa richesse aussi ostensiblement aux yeux de touristes ayant à peine de quoi s'offrir un bagel with cream cheese, pour moi c'était inadmissible. Mais bon faut suivre, alors on suit, on traîne la patte... Devant le Rockfeller Center, c'en est trop. Je me rebelle. Je crie à la supercherie en voyant la patinoire au pied de cet immeuble, construit pour montrer la vitalité du capitalisme américain. Mais que faire face à la force de l'argent. Marcher vers l'ONU.

 

Là aussi, je suis à deux doigts de prendre à partie un éminent bonhomme en imper noir dans les couloirs du batîment de l'organisation internationale pour la paix. Mais je me retiens, en me disant qu'agresser physiquement le représentant d'un pays étranger, même en territoire international, pourrait causer du tort à la fin de mon séjour canadien. De plus Douste-Blazy pourrait vouloir s'en mêler et rentrer en contact avec moi, donc je me suis abstenu de dire ses quatres vérités à ce monsieur, sur l'incapacité de l'ONU à agir de manière efficace sur des sujets comme la faim dans le monde et l'économie africaine.

Vraiment éreinté par l'ennui, je traîne toujours derrière à suivre les autres dans la visite. Vous passerez la minable ballade dans les quartiers de Soho et Greenwich Village. Parler de mon programme de la journée serait palpitant en comparaison.

Arrivons maintenant à ce que j'ai vraiment préféré de ce voyage : le resto sur Broadway. Le concept, les serveurs chantent entre deux plats. Ils nous font partager leur talent incroyable, leur émotion en montant sur les tables et en interprêtant magistralement les plus grands succès de comédie musicale. Ah oui, c'était vraiment super !!! Je connaissais toutes les chansons, c'était merveilleux !!! Et puis, ces artistes avaient un talent immense. J'en suis encore tout ému.

 

 

Grâce à ce resto, sauvant la journée, j'ai pu dormir en faisant de beaux rêves.

Pour un récit plus complet, vous pouvez aller voir les blogs photos. 

08.03.2006

Problème de communication

Apparemment le second degré passe mal !!!

Et si je vous dis qu'Ottawa était vraiment grandiose, que cette ville immense m'a ébloui. Toutes ces choses à faire, toutes cette émotion devant le point de vue sur Gatineau. Ouah, c'était vraiment mille fois mieux que New York.

Vraiment New York, j'ai détesté Time Square et the Brooklyn Bridge sucks. Je déteste le pont de Brooklyn, vraiment horrible, moche, assez petit...

 

C'est plus lisible là ?

 

(n'empêche Ottawa, c'était quand même sympa, surtout le patin sur le canal Rideau. Vraiment cool le patin !!!)

07.03.2006

La compote de pomme, c'est bon

Moi, l'alimentation, je suis pour, c'est comme les droits de l'homme, tout le monde est pour. C'est super important comme truc. Et pourtant, combien la respecte ou y font attention. Je suis l'un d'eux.

De plus quand on a pas de four, ni normal, ni à micro-ondes, dur de faire réchauffer des pizzas. On est obligé de se faire de la vrai cuisine, avec une poêle, une casserole, des trucs qu'on fait revenir, qu'on mijote, etc. Mais c'est chiant ça. Pourquoi c'est aussi chiant, d'ailleurs ? J'ai une réponse : peut-être à cause de la vaisselle qu'on devra se taper par la suite. La vaisselle, tant qu'on fait pas sa propre vaisselle, on ne connaît pas le cynisme de la vie. Ces actions perpétuellement à reproduire, aussitôt fait, aussitôt à refaire. La vie, c'est ça. Faire des trucs inutiles, qu'on devra refaire plus tard et sans arrêt. La vaisselle, c'est la vie et la vie, c'est la vaisselle...

Nous en étions à la cuisine. Pas de four, la misère, pas le goût de se faire du bon manger. L'argent qui manque (passé dans les voyages) pour s'acheter de bons ingrédients. Alors comme tout étudiant qui se respecte, les autres ne sont que d'abominables simulateurs, on mange tout à base de pâtes ou de riz. Et alors, l'intellect a aussi besoin de sucres lents. C'est pas une excuse, m'en fout, c'est mon excuse. Cela fait combien de temps que j'ai pas mangé un vrai fruit (je parle chez moi, parce que je me suis pas fait pas mal de super resto ces derniers temps), un vrai plat cuisiné avec amour, un truc sain et équilibré, même une sauce tomate faite maison. Pour la sauce, c'est pas ma faute, on en trouve d'excellentes à base de tomates séchées et aux quatre fromages.

Mon alimentation se résume à des régimes monotones par période. Il fut un temps où je dévorais mes oeufs-bacon-tranches de pain à chaque jour. Ces temps-ci, c'est patates frites et pâtes à la tomate. Pour dessert, les délicieux yaourts bio, sans saloperie de conservateurs, de Liberté, à la fraise, à la mangue-pêche et à la tarte aux pommes. Qui a déjà mangé un yaourt avec de la vrai tarte aux pommes dedans, hein qui ???

Les jours de fête, je rajoute de la viande haché par-ci, par-là. Ayant fait une dispendieuse épicerie hier, mon prochain repas sera pâtes au saumon. Et joie d'entre les joies, je me délecte de compote de pommes à chaque instant du jour. Cette bonne compote à deux dollars, j'en raffole et ça me déculpabilise de pas manger de fruit.

Et puis hier soir, c'était pâte au roquefort français trouvé par terre dans le couloir par hasard (je dis ça au cas où les douanes aient des espions sur les blogs d'expatriés). Le roquefort Société (svp) était accompagné d'un brie Président, le brie, ma foi fort bien fait, était un délice, le goût du ciel (qui sentirait un peu des pieds), mais un bonheur exquis. Le roquefort était lui aller trop loin hors du frigo. C'est quand même dingue que des gens oublient des fromages dans les couloirs !!!!!!!!!

 

Bref tout ça pour dire que j'en glande pas une ces temps-ci et que c'est bon, même si l'angoisse du devoir à rendre me tord l'estomac. Comment est-il possible de ne rien faire à ce point ? Je sais que je ne suis pas le seul. Nous sommes nombreux à ne rien foutre et à être satisfait de ne rien foutre de nos journées. Eveillons-nous contre ces gens qui nous culpabilisent à rester coucher, à se promener au lieu de travailler. Enfin demain, parce qu'aujourd'hui, c'est un peu tard pour commencer.

03.03.2006

New York : bof

Vraiment New York, c'est surfait comme réputation. Y'a pas à crier, ouah, comme c'est haut, comme c'est impressionant, tous ces immeubles, c'est gigantesque, etc.

Non vraiment, quand on débarque à New York après une nuit dans un bus fort confortable, où le sommeil réparateur n'ankylose aucune articulation ; une fois le nez dans le froid new-yorkais, le sang froid est de mise, pas d'euphorie, pas de joie, passible devant la file de "yellow cab", on avance tranquillement, le regard devant soi, pas en l'air à se tordre le cou, direction l'hôtel sur Times Square.

 

Arrivés sur Times Square, encore une fois, pas de quoi être impressionné. Des immeubles couvert d'écrans, d'affiches, de pubs, de néons, de cours de la bourse, mais rien de bien excitant. Au contraire, tout ça empêche le message publicitaire d'atteindre sa cible. Une seule affiche serait beaucoup plus efficace. Mais bon, c'est les américains !!!


 

 

 

Une fois installé dans la suite de notre hôtel majestueux, nous partons pour le pont de Brooklyn. Moi je voulais pas, encore une fois, quoi d'impressionnant dans un pont monumental construit au 19° siècle. Mais bon, je suis. Nous prenons le métro avec une facilité toute naturelle. Voici le pont.

 

En effet, rien de spécial, des pierres, des cables en métal et de l'eau dessous. Et puis le point de vue sur la Skyline (la rangée des gratte-ciel) n'impressionne que peu le touriste européen. De plus il connait bien les ponts, puisqu'il y en a plein chez lui. Nous arrivons sur le Financial District. Là encore plus de Skycrapers, un peu lassant comme paysage. De toutes les époques, de toutes les architectures, ça commence à faire assez.

Voici le site du WTC effondré. Parce contre là, c'est la claque. Quel grand espace au milieu de ces rues où peu de jour passe, une grande aire comme ça fait respirer la ville. Mais les travaux avancent, bientôt un nouvel immeuble encore plus haut viendra boucher le paysage. Quelle tristesse !

 

 

La ballade monotone continue dans les rues, comme Wall street, puis nous prenons le ferry pour admirer la statue de la liberté et un point de vue sur la Skyline. Tout ça manque toujours de grandiose. La statue est un peu moche (un peu loin aussi) et la Skyline un peu fade. Pas beaucoup d'émotions dans cette traversée venteuse.

 

 

Le temps passe, nous montons, le soir tombé, sur l'Empire State Building. Pas de King Kong, une fois les 86 étages montés dans un ascenseur supersonique. Le balcon (plutôt une promenade qui fait tout le tour de la tour) où tout le monde prend des photos, avec flash évidemment, les gens savent se servir de leur appareil. New york n'est pas si lumineuse que ça la nuit. Nous prenons des photos, mais sans grande conviction.

 

On redescend, je commence à être un peu lassé de ce voyage. Il me tarde de rentrer à Montréal, où la vie y est beaucoup plus trépidante.

 

La suite au prochain numéro, quand l'envie se fera sentir de conter encore ce douloureux voyage.

12.02.2006

Tout le monde en parle

Mon blog n'est pas le reflet de mes opinions, ça on s'en fout, ce truc existe seulement pour que je raconte mes états d'âme, pour montrer à quel point je ne m'intéresse qu'à moi-même et ce genre de superficialité...

Mais aujourd'hui, je vais faire une exception. Je vous propose de lire la page suivante, c'est au sujet de la polémique des caricatures, lisez surtout les commentaires... C'est assez "fendar" !!!

 

Voici le lien vers la page de K-pax

10.02.2006

Mangez du chocolat !

Aïe, aïe, Lolo a pas l'air de bien aller ces temps-ci. Je parie que dans votre souci de ma santé, vous vous angoissez de savoir ce qui se passe, pourquoi ça va pas, que m'arrive-t-il, pourquoi ces sachets de fromage s'ouvre d'un coup ?

Vos angoisses sont justifiées. C'est pas la grande forme. Je me disais, mon dieu, ma vie est navrante, je n'arrive à rien, je suis con, etc. Balivernes que tout cela, je suis pas con, je suis pas en perte de repères, ma vie est complétement passionante.

Quel retournement de situation !

Tout cela à cause d'une magnésium. Je manque simplement de magnésium, la réponse était là, dans la composition de mon alimentation. Merci à celle qui éclaira la lanterne de ma déprime, qui fourré chez moi (pas la fille, moi et la déprime), sans sortir, me faisait passer en mode d'hiberdéprime. Car l'hiver à son affaire dans les miennes. C'est de la déprime d'hiver, tout simplement, alors plus de souci à se faire (enfin espérons !)...

L'hiver était pourtant doux en ce mois de janvier, régulièrement, nous dépassions le zéro pour confortablement nous installer aux alentours des trois degrés celsius. Le temps n'était pas des plus propices à la flânerie urbaine, il ressemblait à ces jours de pluie, le dimanche, qui laisse les amoureux sous les draps et les mecs comme moi devant la télévision. Mais je n'avais pas de télévision, alors dure déprime. Cela va mieux, nous replongeons dans les - 15°C, le soleil cogne contre les vitres sans rien réchauffer vraiment, l'hiver québécois est revenu et merci bien !

Nous n'attendons plus qu'une bonne couche de neige pour retrouver entièrement le sourire.

A bons entendeurs monsieur météo, toi qui lit mon blog avec assiduité.

04.02.2006

Suis-je un con ?

Qu'est-ce que j'ai avec les gens. Depuis que je suis arrivé à Montréal, j'ai connu pas mal de gens avec qui j'ai sympathisé vraiment. Puis au bout d'un moment, y'a un truc qui se passe et pouf, j'arrête de leur parler, de les voir. Alors des fois, c'est que je me rends compte qu'ils sont cons et là, c'est justifié. Mais la plupart du temps, je me rends compte que c'est moi qui suis con et là c'est moins justifié. Aurais-je une parano depuis ma rupture ? Du genre, je suis un con et j'y peux rien.

Je sais vraiment pas pourquoi c'est comme ça. Je commence à connaître quelqu'un et ça loupe rarement, je fais une connerie, je dis, je sous-entend et là c'est le drame. Je me sens trop con et même si la personne est sympa et se dit, il l'a pas fait exprès, qu'elle revient vers moi avec les meilleures intentions du monde, je m'en fous et je lui parle plus quand même. Et là, vraiment, c'est la preuve, l'évidence : je suis con. Je ne me donne même pas la peine de faire du chemin sur moi pour changer, ou mettre ma honte d'avoir dit la connerie dans un coin pour continuer à parler à la personne. C'est vrai, c'est tellement plus facile de nier le truc et d'oublier. Aller hop, je te parle plus, comme ça pas de problème pour moi, j'oublie que je suis con... jusqu'à la prochaine rencontre.

Pourtant, je suis le mec le plus sympa du monde, tout le monde se dit ça je parie. Lolo quel mec sympa... Et bé, non ! Je suis sympa au début, mais par la suite je suis le roi des cons.

 

Encore une note bien guillerette, je sais pas si elle restera là longtemps !!!! Mais je la mets quand même. 

24.01.2006

Prédécoupage : le mystère persiste

La dernière note était un peu trop négative pour ne pas être contrebalancée par une nouvelle observation, fraîche et pertinente, de la vie au Québec.

Elle se résumera en une simple question :

Pourquoi ici les choses prédécoupées, comme les sachets de fromage rapé, sont vraiment prédécoupées et ne requièrent aucune paire de ciseaux pour terminer de les ouvrir ?

Je vous laisse à votre étonnement et stupéfaction...

23.01.2006

Si ça c'est pas de la négativité

Pourquoi ne suis-je jamais fier de ce que j'accomplis. Je reste toujours déçu, perpétuellement déçu, rien ne me satisfait vraiment. Ou bien pas longtemps, je reviens toujours sur les choses en me disant, ça aurait pu être mieux, t'aurais du faire ça autrement. Même ce voyage au Québec, je n'ai pas l'impression d'avoir réalisé quelque chose. C'est une formalité d'être arrivé ici, je n'ai rencontré aucune difficulté, tout a roulé. Rien d'exceptionnel donc à être là. Et même réussir l'année sera aussi une formalité. Il est facile de réussir à la fac. Il suffit de rendre quelque chose. Alors comment être fier de ce que l'on fait, lorsque, même quand on a fait des efforts, on estime peu son travail.

Voilà ce que les voyages apprenent, se poser des questions. Mais je ne trouverais pas les réponses, je ne fais que me poser ces questions, je ne cherche pas à les résoudre, comme le travail, je ne cherche pas plus loin.

Être dépassioné, c'est ce que je suis. Je n'en sais rien. Rien ne m'accroche, je ne veux pas que la vie s'accroche à moi, ça devient encore plus compliquer après.

Et après, bientôt 24 ans, que faire de sa vie ? Quand, comme à l'adolescence, rien ne vous tente, rien ne vous appelle. Ou plutôt vous ne ressentez pas l'envie de vous investir !

Par exemple, une chose qui me fait marrer en sociologie. Les profs vous demandent, comme devoir, de leur dire ce que vous pensez d'un thème. Ah ! je trouve ça drôle. Des dizaines, peut-être des centaines quand on compte en international, de mecs plus intelligents, plus cultivés, plus connaissants, ont réfléchi au problème. Ils se prennent chacun la tête par siècle interposé à répondre au désir de la sociologie d'exister en tant que science (par exemple). Popper, Bachelard, d'autres plus reconnus encore Durkheim, Weber, Simmel et si l'on va plus loin Comte, Mills. Sans parler de tous ces philosophes éclairés que je ne citerai pas. Et moi au milieu de tout ça, qui suis-je avec mon inexpérience, ma connaissance faible que je n'arrive pas à appronfondir (voir la démotivation dont il est question plus haut). Qui suis-je, que dire ? La même chose ? Comment dire quelque chose de plus intéressant que tous ces mecs, dire un truc auquel ils n'ont pas pensé. La seule chose originale, mais pas tant que ça, c'est que se poser la question, c'est déjà avoir la réponse. Ahah, je suis drôle, hop réduire une question en annihilant toute légitimité de la poser. Franchement quand des mecs se posent la question depuis des siècles, qu'est-ce qu'une bande d'étudiants ignorants peuvent bien dire d'intelligent ?

16.01.2006

La météo, une nouvelle passion

Je crois que le grand météorologue (celui que tous les autres vénèrent parce qu'il a la dernière version du thermomètre à batterie solaire) lit mon blog.

En effet, je me plaignais du temps doux qui régnait sur Montréal ces derniers jours. Et bien dans les heures qui ont suivi la parution de cette note corrosive à l'adresse du climat, voilà pas qu'il recommence à neiger et que la température retourne se ballader autour des -15°C (facteur vent -25°). Aussitôt dit, aussitôt fait comme dirait l'autre. Merci à toi grand météorologue ; tu as entendu mes suppliques, je te rends grâce en cette présente.

Mais bon, on se les gèle un peu maintenant ! 

14.01.2006

Parlons météo

Bon je dois vous avouer ma déception. Jusqu'ici tout se passait bien, au mieux même. Le Québec remplissait ses fonctions et mes attentes avec beaucoup d'assiduité et de zèle. Mais là, je dois dire qu'il y a un peu trop de relachement.

Qu'est-ce que c'est que ce temps ? Vous pouvez me dire ? Non là je comprends pas. Déjà qu'auparavant, les variations de température me choquait un peu. On pouvait passer d'un - 20°C à un 0°C en une journée. Mais ça n'a plus de bon sens depuis ces derniers jours. La température est passée au dessus de 0°. C'est n'importe quoi, la neige fond lamentablement, laissant les trottoirs nets et pratiquables. Sortir sans gant n'est plus une bravade héroïque, digne d'un homme sans peur et sans reproche. Mon investissement dans ce super manteau à capuchon poilu, défiant les températures extrêmes sans sourciller, est compromis. Et il pleut qui plus est.

Oh le Québec, si j'avais voulu un temps pareil, je serai allé étudier en Bretagne... Alors je demanderai aux instances compétences de faire redescendre la température à des normales de saisons, histoire qu'on se les gèle vraiment, qu'on râle, qu'on ne veuille pas sortir parce qu'il fait trop froid. Et aussi, si la neige pouvait se réaccumuler en abondance comme à la dernière tempête. Franchement qu'on puisse de nouveau ne plus pouvoir se croiser sur un trottoir sans manquer de tomber, que les voitures soient recouvertes, laissant ainsi le bonheur à ma personne de me moquer des gens qui sont en maudit de déblayer la neige pour partir au boulot. Et aussi le retour des engelures suivant les longues prises de vue photo avec mes mitaines.

Bon je dois dire qu'il y aussi des avantages à ce temps de chien. Le soir par exemple, les trottoirs se transforment en patinoire et ça c'est chouette. Alors merci le gel. Mais bon j'attends un retour à la normale de la vie québécoise. Parce que bon l'exotisme c'est aussi une attente des étudiants en échange. Je pourrais avoir le même temps à Toulouse (sans le gel remarquez), alors vite, vite, que la neige retombe sinon je demande un remboursement à l'ambassade et je dis à tout le monde en France que le Québec, c'est naze.

 

Bien à vous.

13.01.2006

Et de deux

Et voilà, une fois lancé, on ne m'arrête plus.

En fait, j'ai compris pourquoi je n'écrivais plus de notes depuis un certain moment. Je n'avais pas de travail universitaire à fuir par des moyens détournés du genre : mais Lolo, je dois écrire une note sur le blog, les gens vont pas apprécier si j'écris pas. Les pauvres, vont être bien malheureux, ils attendent fébrilement, il ne faut pas les décevoir.

Maintenant, que le boulot a redémarré, je peux à nouveau trouver des excuses malhonnêtes pour ne pas bosser.

Ah que la vie d'étudiant est belle !!!!

Un angle peut en cacher un autre

J'aimerai écrire de nouveaux articles. Mais je n'arrive pas à trouver d'angle intéressant pour raconter le quotidien plutôt pépère, les sentiments changeants de ces derniers temps.

Mes parents m'ont rendu visite pour Noël, ça m'a fait du bien de les voir. J'ai même été triste à leur départ, un pincement au coeur, qui dure un peu (ils sont partis hier).

Une chose est sûre, j'en suis à la deuxième étape du voyage. La rentrée de la seconde session en est une marque. Mais cela à débuter bien avant. Je dirais que les vacances ont déclenché un nouvelle prise de conscience face à l'expatriation (je vois pas l'autre nom qui conviendrait mieux à la langue française bien écrite).

Les premiers mois sont passés très vite, dans l'agitation de la découverte, des nouvelles connaissances et la perte significative de ma personnalité, de mes envies, de mon individualité. Ces mots sont trop forts, mais je le ressens ainsi, je ne vivais pas la vie que je souhaitais vivre, je me laissais guider vers des choses que je ne voulais pas forcément dans le but de ne pas être abandonné, seul et ce genre de chose. Alors pas d'inquiétude pour ceux qui ont de l'imagination. On ne m'a pas trainé dans des clubs de sexe où l'on m'exhibait dans d'humiliante position, pas de fréquentation de lieux où le Milieu controlait les personnes et me demandait de leur rendre quelques menus services. Non, juste de simples situations sur lesquelles je ne m'étendrais pas. Mais j'ai pris conscience de ma volonté et j'essaierai de m'y tenir, de choisir ce que je fais, où je sors et avec qui.

Cette résolution, que le contexte calendaire oblige de qualifier, de nouvelle année est due à l'exode massif des gens m'entourant dans la résidence, de mes seuls amis ici. Ils sont tous retournés au port, laissant le navire qui nous menait vers le Grand Nord sans son équipage, ni capitaine. J'ai du prendre mes responsabilités, face à moi-même, j'étais le seul à pouvoir me faire vivre (mes parents étant présents, j'ai pu m'adapter à ce nouveau poste avec sérénité). Cela continuera désormais ainsi, ce serait une faiblesse que de relaisser le poste de capitaine à un autre ou plutôt à eux-autres (sans sens péjoratif). Rien ne dit pourtant que je retomberai dans des choix qui ne me conviennent pas. Ce genre de chose, de prise de conscience (même si l'on en est pas sûr) est le résultat de relation intense que l'on a eu avec des proches. Les leçons de la vie que les autres nous enseignent.

 

Ben voilà, je crois que j'ai réussi à trouver un angle.

Bien à vous... 

07.12.2005

Patchwork

Pas de hourra, ni de youpi, ce n'est qu'un furtif retour. La motivation n'est pas vraiment encore revenue vers l'ambition d'un blog fourni de textes sur un quotidien montréalais parfois terne, mais toujours sympathique.

L'hiver est là, c'est indéniable. Il neige, les arbres sont nus, les chasse-neige sillonnent les routes et les trottoirs, les gens ont des bonnets, il fait toujours en dessous de zéro, sans compter le phénomène de température ressentie qui fait baisser le thermomètre et monter le rouge aux joues, lorsque le vent souffle sur nos pauvres âmes, emmaillotés d'épais tissus fourrés de plumes et autres duvets, l'humidité typique du Saint-Laurent. Et bonne surprise, je me suis adapté à mon milieu. Si Darwin a raison, je suis un individu pouvant prétendre à durer. En même temps, il fait pas encore si froid, mais plus froid qu'à Toulouse.

J'écris un petit billet pour les ceux qui lisaient mon blog avec plaisir et qui me renvoyait ce plaisir de lire.

J'ai découvert la fin de semaine passée, les Laurentides. Région du Québec, non loin de Montréal, où nous avions loué un chalet digne de Davy Crocket. Ni eau courante, ni électrité. Juste du gaz (surchauffant le chalet), des bonbonnes d'eau à aller chercher dans un autre chalet, des matelas fait de tapis de gym bleu de nos années collège et lycée, une "cabane au fond du jardin" avec un simple trou sur un vide immense et les arbres, une rivière, la neige, le froid délicat des forêts de conifères, bref la Nature. C'était merveilleux. Nous étions sept, dans une ambiance cordiale et joyeuse, à partager ces moments rares et particulièrement apprécier pour ma part.

Les ballades dans la neige mouillèrent mes pieds, fatiguèrent mes jambes, mais la satisfaction de marcher dans de si beaux endroits était plus forte que l'envie de râler. J'ai désespérement fixé le fond des bois, entre les arbres, au pied des chutes, mais aucun animal n'a fait son apparition. Notre groupe était trop bruyant. Ce n'est pas grave, mais je finirai bien par voir un orignal.

 

En ce qui concerne la sociologie, nous arrivons en fin de session avec des dossiers à rendre. Alors je vais me mettre au travail, comme toujours en retard, en angoissant sur la qualité médiocre que le manque de temps m'obligera à rendre. Mais que voulez-vous les habitudes sont bien ancrées et ce n'est même pas loin de mes repères habituels que j'arrive à en changer. Le ferais-je un jour ?

 

Montréal a changé avec l'hiver. Elle n'est plus aussi belle qu'au début. Je ne me rappelle pas vraiment avoir trouvé cela beau. Mais l'architecture en patchwork des immeubles et des rues ne brillent plus sous le ciel gris et la lumière terne des jours de neige. Je ne sors plus beaucoup visiter Montréal d'ailleurs. La nuit tombe à seize heures. Les journées sont alors très courtes, ajoutées aux heures nécessaires de travail, je ne sors pas beaucoup lorsque le soleil éclaire encore les rues et les gens. Est-ce cela qui fait de mon quotidien une variation d'allegro désespérant et de toccata euphorique (euphorique est un peu fort, bonne humeur conviendrait mieux et les emprunts au vocabulaire musical sont absolument abscons car je connaîs pas leur signification) ?

C'est la vie, c'est tout.

22.11.2005

Petite pause

Je vais laisser ce blog un peu de côté ces prochains temps... Malgré le fait qu'un animateur de radio sur Montréal (CISM radio du campus de l'UDEM) ait lu un texte sur mon expérience de la poutine aux oreilles de dizaines de millions d'auditeurs, je stoppe ce blog le temps que le calme revienne dans ma vie québécoise. Le boulot me submerge, la fin du trimestre approche et ça devient intense. Je n'ai plus l'envie d'écrire ce qui m'arrive. Certainement parce que le quotidien s'est installé et qu'à part les voyages (à Boston le week-end passé), j'ai rien de bien intéressant à dire... La vie commence à prendre ses habitudes. Rien ne devient remarquable au point de l'écrire sur ce blog. C'est normal, la vie devient normale.

Je sais, vous êtes tristes, mais je reviendrai bientôt. Si l'envie m'en prend, je n'hésiterai pas à écrire une petite bafouille. Je tenais juste à vous justifier l'absence de nouvelles notes. Par contre les blogs photos continuent à être mis à jour régulièrement. A suivre donc sur les blogs msn.

http://spaces.msn.com/members/lolofrommontreal/ 

http://spaces.msn.com/members/lolofrommontreal2/ 

05.11.2005

La poutine, le retour de la vengeance

Il y a déjà quelques temps, je vous avais raconté la passionante aventure de la poutine. Cette expérience incontournable pour touriste, aussi indispensable que l'apprentissage du calis de tabernak et la ballade à moto-neige, ou encore la cabane à sucre (que je compte bien expérimenter aussi). Bref, la poutine c'était dégueu. Voilà la conclusion qui s'imposait après deux commandes chez des restaurateurs différents. J'avais également fait un rapprochement avec le McDo. Projettant ainsi que ça deviendrait un gimmick des fins de soirées québécoises. Elisabeth Tessier - cette docteur en sociologie, ayant soutenu une thèse bidon sur l'astrologie - peut être fière, les astres ont parlé à travers ce blog et ils avaient raison.

L'appel de la poutine se fait ressentir à chaque fin de nuit arrosée (ou pas d'ailleurs). Terminer la soirée par une poutine à la Belle Province. Cette phrase est souvent prononcée et souvent exécutée. Cela n'empêche pas que ce soit toujours aussi dégueu. Le fromage n'a toujours pas de goût, le fond de poulet est tout aussi écoeurant, seules les frites prennent une valeur différente. Elles sont bonnes. Bien que grasses.

L'envie revient toujours de "se faire une poutine", malgré l'endroit sordide où nous la mangeons. Mais c'est devenu une institution, qui n'a pas découvert la poutine à la Belle Province de Sainte-Catherine, ne peut partir du Québec ! La Belle Province, son patron, ses employés, sa clientèle et sa poutine. Il y a un album photo qui lui est dédié.

Je vous parle de tout ça parce que hier, j'ai un peu abusé. Deux poutines dans la soirée, une en début, l'autre en fin. Et comme les deux extrêmités de notre soirée était assez proche, le réveil au matin fut accusé d'une certaine lourdeur à l'estomac. Alors ami étranger, ne tente pas le diable, une poutine c'est bien, deux poutines c'est trop (pour reprendre un slogan vantant la consommation de lait sur les emplacements publicitaires montréalais). Je pense que c'est un entraînement, il faut persévérer, et un jour, la poutine ne sera plus un danger pour nos organismes d'européen.

04.11.2005

Un drôle de mystère pour un drôle de personnage

J'avais commencé ce blog, si je me souviens bien, en racontant une anecdote au sujet d'une femme étrange à la banque. Et bien les gens étranges, les marginaux, les types zarbis sont légions à Montréal, comme à Toulouse et comme ailleurs.

J'en ai croisé un dans la queue de mon fournisseur officiel de denrées alimentaires et périssables. Un homme entre deux âges, mal habillé, avec une longue veste élimée aux côtés. Cet homme attendait son tour à l'heure de pointe pour payer ses achats. Son caddie devant lui, il était agité d'une excitation particulière, rien d'énerver, ni de colérique, du stress juste, une anxiété. Je prenais place dans la file à sa gauche, stratégiquement car les dernières personnes de cette file étaient ensemble avec peu d'articles. Je passerai ainsi plus vite, ce qui fut le cas. Mon apprentissage d'hôte de caisse ne m'aura pas servi qu'à avoir mal au dos.

Je l'aperçue et l'excitation déjà décrite attira mon regard. Que faisait-il ? Il parlait seul. Beaucoup le font. Mercredi, un homme isolé sur un parking lançait des invectives à la face du vent ou au ciel, un autre racontait une histoire en marchant dans la rue, demandant au hasard leur avis aux passants. Lui parlait doucement, il chuchotait, mais assez fort pour l'entendre sans le comprendre. Il positionnait sa main de revers devant sa bouche. Il la baissait et s'arrêtait de parler. Il la remontait et ses borborigmes reprenaient. Un instant de trouble me fit mal rangé mon panier et tombé mon paquet de pâtes.

Ces incantations avaient-elles un sens, ces paroles appelaient-elles un quelconque démon à détruire ce temple du TransFat ? J'étais incertain... Le temps de la réflexion était venu. Devais-je laisser cette homme peut-être dangereux continuer à proférer ses paroles magiques au dos de sa main ?

Mais non, c'était un agent secret travaillant pour le compte du Québec libre, communiquant grâce à sa montre-GSM, de précieuses informations sur la consommation des ménages (enfin des grands-mères à cette heure-ci) québécois.

30.10.2005

Manteau d'hiver et achats divers

Nous étions samedi. Samedi après-midi, c'est magasinage, prévu depuis un bon moment, il me faut trouver ce manteau d'hiver qui me fera résister aux extrèmes températures de ce pays un peu fou, où il fait déjà aussi froid qu'au mois de janvier à Toulouse. Direction les grands centres commerciaux du centre-ville, ceux qui ont des niveaux souterrains reliés entre eux et au métro, permettant de vivre sans voir la lumière du jour et de devenir une loque humaine totalement déprimée par manque de soleil.

Je prends la rue, le soleil est là, je profite, tout le monde profite des éclaircies croyant à l'ultime rayon de soleil. Les hivers sont ensoleillés ici, parait-il, je vous dirai. En tout cas, il ne réchauffe pas les températures, tout juste autour de cinq degrés celsius. Il est tant de le trouver, ce manteau. Je mets quand même mon bonnet, tout nouveau, qui ne me fait pas trop une tête de bite, euh de b... pardon (je voulais un jour utiliser cette petite astuce mise à ma disposition par le logiciel de traitement de texte). Les rues sont pleines de monde, les gens sont aussi les boutiques à Montréal. J'en découvre tous les jours sur le monde.

Beaucoup de monde, foule, malgré les grands espaces commerciaux, j'en traverse deux, trois, je cherche une boutique recommandée le matin même, avec un vendeur unique. Une boutique pour homme avec des manteaux, je m'arrête et rentre. Le vendeur me salue, regarde ma poche contenant quelques nouvelles acquisitions vestimentaires secondaires. C'est la même enseigne que la notre, je peux voir ce que vous avez acheté ? Oui regarde ! Il prend une chemise de 50 dollars, la déplie, la juge, belle chemise, simple, bien, elle est bien. La vendeuse s'approche, regarde aussi, acquiesce, le dialogue débute. C'est le vendeur si spécial qu'on m'a recommandé. Et c'est parti pour un spectacle auquel j'ai rarement assisté, celui du vendeur le plus bavard du monde. Il me raconte, je vous retranscris pêle-mêle, son traumatisme du pantalon velours à grosses côtes, les pièces de cuirs sur le velours abîmé, ses bras trop grand, sa maigreur, sa façon dont il tient tête aux hommes trop pressants envers sa collègue vendeuse (sans doute de nombreuses interventions de sa part), sa façon de voir la vente des accesoires, le vol à Montréal, sa démonstration de l'étanchéité de mon futur manteau (il jettera de l'eau sur le manteau, mouillant abondamment le plancher) et d'autres choses que j'ai oublié. Je n'ai pas fait attention au temps, mais je fus embarqué dans sa démonstration sans faille, son plaisir de vendre, de parler avec des gens, enfin de parler.

Et j'ai acheté son manteau de marque québécoise, fabriquée en Chine, mais québécoise. De la bonne qualité, intérieur plume et duvet, des finitions impeccables, des astuces de poche pour cellulaire (portable), que je n'ai pas et trou dans poche balladeur pour écouteur, que je n'ai pas non plus (enfin j'y réfléchis), une pièce de tissu enserrant la taille afin de ne pas laisser le vent s'engouffrer et plein de choses merveilleuse qui font que s'il devait acheter un manteau pour cet hiver, ce serait celui-là. D'ailleurs la vendeuse en a acheté un pour son frère. J'oubliais également son explication de la capuche détourée de poils, simulant les cils et empêchant ainsi le vent d'aggresser violemment le visage. Explication faîte tout de même avec la capuche sur la tête (capuche détachable). Tout cela pour un prix modique, je pensais payer 500 dollars ce manteau si indispensable, je m'en sors pour 175 dollars avec taxes et ristourne, car la couleur me plaisait guère.

 

 

medium_194758recadree.jpgmedium_194845recadree.jpgmedium_195040.jpg
 

 

 

Alerte au feu le soir, encore une à la résidence (au moins la cinquième), tout le monde dehors (enfin de moins en moins vu qu'à chaque fois, on sort pour rien) et une bonne occasion de tester mon acquisition québécoise typique. T-shirt, nouveau manteau. Expérience positive. J'ai pas eu tellement chaud mais le froid ne m'a atteint qu'aux jambes et à la tête. Protection testée et certifiée. On verra quand même à moins vingt (température, pas heure).

Retour à l'après-midi. Magasinage typique, arrêt au niveau restauration, dizaines de franchise, cuisine diverse et variée, Burger King pour moi. Trio Whopper. Les magasins ferment à 17h (5.00 pm), c'est tôt. Mes rêves de shopping nocturne, de courses tardives ne pourront avoir lieu que les jeudis et vendredis où les commerces baissent les rideaux à 21h (9.00 pm). Je voulais trouver une paire de mitaine pour prendre des photos, des T-shirts, un pantalon, deux ou trois pulls et des culottes longues, ce sera pour une autre fois. Le vendeur était trop bavard. Mais ce fut une joie de me faire vendre cet article par lui, un bon moment ; même que si le manteau est nul, je lui en voudrais pas...

 

 

Mon vice recommence. L'achat impulsif de cds. C'Dément, vente occasion de cds, dvds, livres et BD. J'avais commis la faute une fois déjà à cet enseigne. J'ai récidivé, mais c'est trop bon, j'ai passé des heures à tic, tac, faire défiler tous les cds sous mes yeux. Du bac Hip-hop à la variété internationale, en m'arrêtant devant le blues, le jazz et la musique électro. C'était trop bon.

Une après-midi de bonheur consumériste en quelque sorte, mais un bonheur des temps modernes ma foi, qui fonde peut-être la nouvelle tradition. Mais là je vais rentrer dans mon mémoire. Bref, j'aurais pas travaillé de l'après-midi, alors que ces temps-ci, c'est boulot obligatoire. La semaine de relâche s'achève et j'ai toujours du retard, un rendez-vous avec un professeur éminent, directeur du département sociologie, que j'aimerai épater et toujour autant de textes à lire. Montréal, c'est travail. J'ai laissé passer le défilé d'Halloween dans les rues, une soirée en boîte et d'autres futures soirées (en même temps c'est des soirées déguisées, alors le boulot c'est un peu la bonne excuse), un voyage à New-York. Mais là-dessus, le voyage s'annonçait pas génial, deux jours de voyages organisés, juste le temps d'apercevoir cette ville si impressionante. Enfin, moi New-York, c'est un peu comme Paris, doit falloir le voir une fois, histoire de dire, j'y suis allé, c'était haut (je sais que je me trompe), mais je préfère m'épater devant le Québec nature, ne m'en veuillez pas.

 

Je conclus ici, en cette heure tardive quoique habituelle au son de Lady Day. Je ferais certainement une note sur comment j'ai réussi à échapper à Halloween. Les festivités avaient commencé ce soir, reste à esquiver la soirée aux résidences lundi. Cela devrait être possible.

26.10.2005

En direct de la B.N.Q

Un article en direct de la BNQ.

La Bibliothèque Nationale Québéc offre à ses usagers un accés internet sans-fil et gratuit disponible pour tous les petits chanceux qui ont un portable. J'habite près de la BNQ mais pas assez malheureusement pour profiter de cette connexion gratuite, qui me ferait économiser la connexion affligeante de lenteur de Internet-UQAM. Bref, de toute façon, on ne peut pas se connecter emule ici...

Voilà pour ceux qui s'inquiètent, je travaille, à la bibliothèque même, pour m'obliger à avancer.

Cette semaine, c'est relâche, pas de cours, juste des lectures. Alors je bosse en me faisant des bagels au saumon fumé. Ah, je suis heureux d'être ici. Tout roule comme sur des roulettes ces temps-ci. Cela ne permet pas d'écrire des notes grandiloquentes d'angoisse mais bon, je m'en contente.

25.10.2005

Bilan : la suite

Bon en fait, j'ai un peu raconté n'importe quoi dans la dernière note. Je me pose énormément de questions. Mais elles n'arrêtent pas l'avancement du quotidien pour autant, c'est ce que je voulais exprimer.

Je me pose des questions sur moi. Les séjours à l'étranger doivent être particulièrement propice à ces questionnements intimes, ces remises en question. Hors du quotidien français, dans la construction d'un nouveau, l'on trouve la distance nécessaire à la compréhension de nos comportements passés. Me voilà donc à Montréal, songeant à tout ce que j'ai pu faire en France depuis mon adolescence, tentant une compréhension de ma personnalité et de toutes ces choses qui semblent étranges et inexplicables. Toutes ces questions n'ont pas forcément de réponse, mais j'en trouve quelques unes. Je me comprends mieux, je me devine. Je vis de nouvelles expériences (comme le voyage) qui m'apprennent sur moi-même. Je comprends que je suis parfois trop tourné vers moi. Bref plein de réponses pour ma construction personnelle. Je n'irai pas plus avant, j'attends d'avoir fait le tour.

Tout ça pour dire que je suis heureux, parce que j'avance dans ma vie. Si j'arrive à bien me comprendre, je pourrais arriver à ne plus faire les mêmes erreurs et ainsi devenir l'Homme parfait, le mec Ultime !!!

J'ai encore des progrés à faire...

 

Mais je suis heureux ici, le bonheur c'est des moments, et j'en traverse un. Je les reconnais au plaisir de prendre ma douche : ce matin, je me savonnais l'esprit léger, chantonnant dans ma tête, prenant plaisir à faire couler l'eau chaude sur mon corps nu et ruisselant, délicatement dessiné au trait fin des heures assidues de musculation et de natation. Oups pardon, j'ai dérapé...

So, you know what... I'm happy ! (même si vous me manquez)

Bilan deuxième mois : pas grand chose

Voilà deux mois que je suis ici. Je donne l'impression de compter, mais je viens juste de m'en apercevoir en cherchant quelque chose à écrire sur le blog.

Donc quel bilan autour du deuxième mois. Pas grand chose en vérité, je me pose moins de question. Je me suis rapproché de beaucoup de gens ici (toujours français), j'en ai fais de nouveaux amis que j'apprécie beaucoup. Je continue de faire la fête, de boire trop et de poser des galettes (une seule en fait, c'était marrant). Le travail à la fac prend du temps, le froid arrive, c'est une période de transition où je me pose peu de question ou je ne réfléchis pas sans cesse au pourquoi, au comment, bien qu'avec la température (5°C dans la journée), je me demande pourquoi être venu ici.

J'ai donc beaucoup à faire, le quotidien ne permet pas le recul de la réflexion. Alors que dire ?

Ce soir je vais aux lundis de la Résidence dans un bistrot à côté. Une soirée organisée par la résidence où nous pourrons joyeusement boire des bières pas chers (deux dollars (1,20 euros) la bouteille, c'est rien, en principe c'est du 3 ou 4 dollars), mais surtout boire du Pastis con, à pas cher aussi. Ah ah trop l'fun !!!!

Voilà, je suis devenu alcoolique. Bon bilan pour le deuxième mois.

18.10.2005

Message à caractère informatif 5

Bon en fait, y'aura un dernier message. Il est tard j'ai terminé de travailler pour aujourd'hui. Je me couche en écoutant Jacques Brel.

C'était une bonne journée. Mais vivement que cet exposé soit passé histoire de sortir, parce que les autres s'amusent sans moi, c'est nul. Je veux en être.

Demain matin réveil 9.00 am, comme ce matin (enfin hier matin), certainement avec la tête en vrac, mais promis demain je garde toute cette platitude pour moi.

Je parle à d'hypothétiques lecteurs, que j'ai du mal à imaginer (excepté mes amis mais je ne sais quand ils liront cela) et je suis content d'écrire ce genre de conneries, internet est un monde étrange où les normes de la réalité non virtuelle n'ont plus lieu. Tiens une idée pour un prochain message à caractère informatif...

Message à caractère informatif 4

Je viens de rentrer de mon cours. Un prof nul qui étale sa culture comme du Nutella sur une grosse tranche de pain de mie Harry's, sauf que là, ça fait moins plaisir. Il ne nous apprend rien, juste à savoir qu'on sait moins de choses que lui. D'ailleurs, je suis même pas sûr qu'il les sache vraiment lui-même. Je pense que c'est un gars de cocktail, le genre intello branché... Mais là, c'est mes préjugés qui parlent.

Je vais me faire à manger et après boulot, je termine la préparation de l'oral, car demain j'ai rendez-vous avec le sus-nommé prof pour parler de mon travail dans son cours. Alors autant vous dire que j'ai rien à lui dire. Mais pour l'instant, ça m'angoisse pas.

Bon appétit, merci et c'était ma dernière brève de la journée je pense. Je viens de refuser de sortir boire un verre, exprès pour travailler. Je suis raisonnable, ces temps-ci.

17.10.2005

Message à caractère informatif 3

Me revoilà, il est bientôt l'heure d'aller en cours. J'ai lu un peu mes textes auxquels j'ai pas compris grand chose puisque la philosophie est difficile à aborder quand on n'en a fait qu'en Terminale.

Je vais prendre une douche, puis essayer de trouver du linge sec. Je l'ai laissé sécher à l'air libre, le séche-linge étant occupé. Pas grave j'ai des fringues que je porte depuis trois jours, je les mettrai quitte à être isoler en cours.

J'ai mangé du thon-mayo, histoire de tenir éveiller jusqu'à neuf heures. Je m'endors tout le temps ces temps-ci, pourtant je prends de la vitamine C. Mut as-tu une solution à cette narcolepsie universitaire ?

Le quotidien montréalais dans toute sa splendeur. Dois-je faire plus de note dans ce style ? ou vous préférez mes états d'âme ?

Message à caractère informatif 2

Bon voilà, il est genre trois plus tard et je suis toujours pas lavé, mais levé tout de même. J'ai pris la solution intermédiaire. Je suis en train de me faire mon dîner (déjeuner), patate-purée. Ma lessive est en train de se laver dans cette belle invention qu'est la lessiveuse. J'aurai des affaires propres pour aller en cours ce soir. Quelle bonne nouvelle !

L'eau bout, je vais y mettre mes patates et après je devrais prendre un texte à lire pour ce soir. Quelle belle journée !

Un bel exemple du quotidien montréalais !

Message à caractère informatif

Houla la ! J'ai la tête dans le cul ce matin, j'arrive pas à me lever.

Il faut que je bosse pourtant, j'ai mon premier oral mercredi et j'ai pas fini de le préparer.

Que faire : rester au lit et se laisser entraîner dans les joies d'un sommeil réparateur ou aller sous la douche et faire couler un fluide chaud et agréable sur mon corps mince et musclé par les heures passées hors du Centre Sportif ?

 

16.10.2005

Changement de saison

Nouvelle saison à Montréal, l'été et ses tenues légères sont derrières nous. Le temps ne s'est pas décidé tout de suite à devenir plus froid. Il a fait sa mijorée, osant un jour la pluie, le vent et le froid, puis le lendemain nous redonnant un agréable soleil et la chaleur réconfortante de l'été. Certains ont cru à l'été indien (l'été des indiens en québécois), mais apparemment ce n'était pas ça. Depuis quelques jours la pluie et le temps gris persistent. La nuit tombe vite, trop vite pour les lève-tard.

Nouvelle saison à Montréal, l'automne. Les pulls et manteaux sont sortis des placards. Enfin les locaux se promènent toujours en pull dans la rue, bravant le froid et le vent, les filles du samedi soir sont toujours courtes vétues bien que des poils poussent au col de leur veste. Et moi sous mon manteau d'hiver fermé jusqu'au nez, je me promène, pas longtemps... Quel sale temps ! Ouétilété, l'étéouéti ???

medium_211737.jpg 

14.10.2005

A la découverte du Québec

Et voilà, je viens de vivre ma plus grande émotion du Québec : le Québec, lui-même, himself. Les paysages sont magnifiques et grandioses, les couleurs automnales sont vraiment comme on peut les imaginer. Les clichés sont ici de mises. Cela faisait un mois et demi que je n'étais pas sorti de l'urbanité congestionnée de Montréal. La pollution et les buildings commençaient à serrer trop fort leur étau brulant de quotidienneté et de banalité sur ma tête éprise d'orignaux gambadants dans une forêt multicolore au bord d'un Saint-Laurent immense.

Le récit en photos sur le blog hotmail sera suffisant je pense, au niveau narratif. Je n'ai pas le courage de reprendre la description de toutes nos péripéties. Nous sommes partis à neuf, dans deux voitures, à l'aventure, pour trois jours, en n'ayant qu'un objectif : voir les baleines. Nous ne les aurons pas vu, mais le moment à les scruter entre le creux des vagues, fut un froid moment, mais d'un délice dont j'ai goûté toute la saveur, coincé entre deux rochers.

Je reviens sur la grandeur du pays. Le Saint-Laurent est un fleuve, mais au niveau de Tadoussac, qui n'est pas encore l'embouchure (enfin j'en sais rien, je comprends pas tout à ce niveau), l'autre rive apparait lointaine, tout autant que le Maroc pour un Espagnol. Pareillement du lac Saint-Jean dont la largeur dépassait approximativement les cinquantes kilomètres. Vous irez vous faire votre avis sur les photos. Mais cette différence d'échelle, déjà abordée sur ce blog, m'étonne toujours. Je n'en reviens pas que l'on puisse faire 200 kilomètres en Mauricie sans passer par un village, juste croisant ici et là une maison isolée en bord de route.

Le Québec a donc dévoilé quelques-uns de ses secrets, lors de notre road trip. Sans vouloir aller trop vite, ça m'a bouleversé, nous sommes quatre jours plus tard à cette heure et j'y suis encore, entre les montagnes de la Mauricie, dans cette ville (la Tuque) pleine de chasseurs à casquette traînant derrière leur pick-up les carcasses d'orignaux (ça fera que j'en ai toujours pas vraiment vu) dépecés, sur les bords de la baie Sainte-Catherine contemplant le coucher de soleil merveilleux, dont je n'ai pu partager comme il se doit le romantisme, je suis encore sur la route défoncée, longeant les lacs et les rivières, traversant de petits villages aux maisons sans fondation semblant être posées là au hasard, je ralentis encore quand un panneau avec un orignal dessus m'averti d'un risque élevé de passage, je suis encore avec ces personnes que le voyage m'a permis de rencontrer, avec qui je me suis lié, avec je rigole encore. Le Québec d'automne m'a chaviré, si je n'avais pas fait ce voyage (qui s'est vraiment passé à la perfection entre nous et sur le timing), j'aurais raté un visage du Québec, je serais reparti sans avoir goûté ce qui je pense fait son goût unique, ses paysages.

 

Au-delà de ce côté magnifique, le fait d'être au Québec, dans un autre pays que le mien, en voiture, traversant des paysages inconnus, jamais vus (c'est la première vraie fois que je sors de France et d'Europe), ce goût là me fait particulièrement apprécié d'être ici. Je découvre le sens du mot voyager, je comprends pourquoi des gens prennent des sacs à dos et partent. D'ailleurs, je n'ai qu'une envie, prendre mon sac à dos et partir, fuir le quotidien urbain et m'échapper à travers le Québec, le Canada, les Etats-Unis et quand il fera trop froid descendre au Mexique et triper jusqu'à Ushuaia.

Je sais, je suis un cliché sur pattes, mais j'aime ça ! Je découvre la vie, ne m'en veuillez pas, je ferai mon blazé plus tard.

Je pourrais ajouter encore des dizaines de choses, les anecdotes avec mes nouveaux amis français (j'en sortirai jamais !!! mais je m'y fais), je pourrais passer des heures à décrire le voyage, les étapes, à vous parler du limitateur de vitesse sur la voiture et comment je me suis cru devant un jeu vidéo en réglant ma vitesse qu'avec deux boutons et aucune pédale (boite automatique), je pourrais faire tout ça, mais mercredi je passe mon premier oral sur un texte à présenter, puis à animer le débat dont j'aurai soulevé les questions principales. Alors trêve d'excuse pour pas travailler.

 

 

Le Québec c'est mortel, venez-y !!!!

Et à nous deux Québec d'hiver, je t'attends de pied ferme ! Laisse moi juste m'acheter un manteau et des bottes.

06.10.2005

La poutine ou une bonne raison de rester en France

Je n'en pouvais plus d'attendre, il me fallait goûter cette fameuse poutine, dont tout le monde raffole. Le plat typique d'ici, ça se loupe pas. Je suis donc parti dans une solitaire marche (équivalent de ballade) vers la Banquise, c'est le nom de ce resto ouvert 24h/24h. Déjà j'aurais dû me méfier.

Me voilà arriver. Ce n'est pas vraiment un resto, c'est plus proche du Kebab resto. Il y a derrière une petite cours avec des tables. L'endroit est, ma foi, agréable. Une fois assis, je commande ma poutine classique. Il en existe 15 sortes dans ce resto, formidable, mais bon pour commencer goûtons l'essence même de la poutine, sans fioriture, juste le nectar.

Je patiente tranquillement en prenant des photos du mur. Et soudain, je la vois, ma poutine est devant moi.

Et là... C'est le drame.

medium_210459.4.jpg

Une masse informe, coagulante, brune, avec des paquets blanchâtres non encore identifiés. J'avais commandé une poutine et me voilà devant une oeuvre d'art contemporain. Je vais manger la substance de l'art, la figuration d'un discours sur la non gastronomie. Un plat de bûcheron en fait. C'est fait pour coller au ventre, d'ailleurs quatre heures après ingurgitation, j'ai toujours le ventre bien tapissé, pas près d'avaler autre chose.

La poutine, ce sont des frites trop cuites, avec des morceaux de ce que les québécois appellent de la mozarella, c'est à dire du plastique mou sans goût, avec un peu de chance du lait dedans. Le tout recouvert d'un fond de poulet (comme un fond de veau mais avec du poulet... Maggi, maggi, vos idées ont du génie) bien épais. Bravo et merci bien.

De plus au niveau du palais, c'est le néant. Manger ce pseudo-fromage sans saveur, accompagné d'une sauce lourde et écoeurante sur des frites restées trop longtemps dans la friture (même si c'est fait exprès), c'est un plat qui a mal tourné dans ma cuisine, faut pas gâcher alors je le mange mais la prochaine je suivrai mieux la recette.

Voilà ma première expérience de poutine. C'est pire qu'un macdo. J'ai eu le même mal de ventre caractéristique (nommé à cette effet, mal de ventre du macdo, par les gastro-entérologues). De plus, je rajouterai que je ne suis pas allé dans un infâme bui-bui, mais dans l'endroit réputé vendant la meilleure poutine de Montréal.

04.10.2005

Brève française

Trouvé dans Métro Montréal à la rubrique Métro autour du monde. Voilà ce qu'ils ont retenu de l'édition de Métro Paris :

Un juge français se masturbant en cour...

Le 15 octobre 2003, des témoins ont aperçu le juge Zamour en train de se masturber en cour. Il a admis les faits et a été suspendu plusieurs semaines. Après des traitements médicaux, on l'a autorisé à revenir au travail à temps partiel. Légèrement schizophrène, le juge Philippe Zamour, 41 ans, oeuvrant à Angoulême, magasine à l'occasion vêtu de sa toge et a même déjà été vu imitant le chanteur Johnny Hallyday dans un corridor du tribunal. Mardi dernier, le ministère de la Justice a été contraint par le Conseil des avocats de France à ne pas le congédier, puisqu'il n'a été reconnu coupable d'aucun crime. Il pourrait devoir rester à la maison tout en étant payé jusqu'à sa retraite, tout comme trois autres juges français.

Bravo la France !

03.10.2005

Le beurre d'arachides et autres délices gastronomiques

Ou peanuts butter en anglais ou beurre de cacahuètes en français.

Quelle horreur, crieront les français outragés, fiers héritiers d'une gastronomie de terroir au goût naturel et fermier ! Quel délice, criera l'expatrié temporaire goûtant avec délice toutes les spécialités de bas-étage sur lesquelles il peut tomber. Je m'étais déjà régalé de quelques double big mac et autres quart de livre avec fromage. Mais le beurre d'arachides sur des tartines de pain de mie québécois font la joie du quatre heure. Les sandwichs jambon-beurre de ma mère sont loin, alors je me console comme je peux. Le beurre d'arachides cale bien ou plutôt au bout de la deuxième tranche, ça dégoute et on a plus faim jusqu'au repas.

Les québécois mangent tôt. A 18h-19h, ils ont tous mangé je pense. Hier soir, il était 20h30 lorsque avec mes amis français, nous décidâmes de monter manger des plats étudiants équilibrés à base de pâtes italiennes. Les québécois furent étonnés que nous mangions si tard, ne comprenant comment nous avions tenu jusque-là.

Je reviens sur le peanuts butter. Samedi, Maud avait organisé une crêpe-party franco-allemande. Et le choc culturel se produisit sur une fine pâte cuite à base d'oeufs et de farine. La crêpe québécoise comme nous l'appelons maintenant. Le beurre d'arachides existe en deux recettes : le crémeux, le croustillant. Si vous mangez le crémeux étalé nu sur du pain, vous mourrez par asphixie dans les 48 heures. Pour la tartine, le croustillant, constellé de morceaux de cacahuète, se digère mieux. Alors que faire du crémeux ?

Le crémeux se déguste accompagné. Il ne va pas seul, car son goût assez sec vous étoufferez dés la troisième bouffée. Les hôpitaux montréalais sont remplis de pareil cas d'étouffement. Pour cela, le québécois (et certainement plus) le marie agréablement de tartinade de fraise (confiture de fraise pour les français un peu hostiles). Et ce fut le choc, sur cette crêpe, innocente et pure, mon palais sautilla, mes papilles papillèrent. La fraicheur, la douceur de la strawberry jam donne au peanuts butter, un goût nouveau, c'est une alliance de saveurs unique. Vive la crêpe québécoise.

 

medium_214529.jpg

Bientôt, malgré les multiples remises à plus tard, nous irons manger de la poutine. Ce sont des frites accompagnées d'une sauce bien grasse et transgénique. J'en profiterai alors pour vous parler des bienfaits du génétiquement modifié, ici en Amérique du Nord.

01.10.2005

Premier mois : bilan de mes sentiments

Cela ne s'appelle pas être mal, je ne sais même pas s'il s'agit d'un manque. Je suis bien ici, Montréal me plait, je fréquente des personnes fort sympathiques avec qui je discute et je fais la fête. Je commence à une vraie vie d'étudiant comme celle que je n'avais pas à Toulouse, une vie d'étudiant clichée. Les résidences facilitent ce genre de choses. Je fais connaissance avec beaucoup de monde, peut-être trop d'ailleurs. Je me sens fatiguer de rencontrer toujours de nouvelles personnes, à qui je sors les mêmes banalités introductives et auxquelles je n'arrive pas forcément à trouver plus à dire.

Les étudiants rencontrés ici, les aurais-je rencontrer en France ? Leur aurais-je parler ? Et si oui, aurais-je tissé des liens si étroits. Certains diraient que ce sont des amis de procuration en attendant mieux, en attendant des personnes avec qui j'ai plus en commum. Il est vrai qu'ils ne partagent pas mon affinité pour le jazz, que la sociologie les électrise peu (m'électrise-t-elle moi-même ?), que leur goût pour la cigarette n'est pas toujours de la meilleure compagnie, etc. Certains diraient que je reste avec eux pour ne pas être seul. La solitude fait peur ; le pays est froid, la ville est grande et l'université peu chaleureuse, être seul me ferait beaucoup souffrir. Mais je ne reste pas pour leur simple compagnie, je partage plus et nos différences de milieu me nourrisent, les sujets, où l'on se rejoint, me réjouissent. J'ai connu à mon arrivée des filles dont je me suis éloigné parce que nos différences étaient trop grandes. L'avenir dira si ces nouveaux amis le sont vraiment. Je sais que je ne resterai proche de la totalité, mais l'expérience que nous partageons est belle. Nous la vivons ensemble. Et c'est tout ce que je demande.

Par contre, leur seul défaut est d'être français. Si nous restons trop entre français, cela me poserait quelques problèmes intérieurs. Je disais ce soir, que lorsque je sortais d'un cours composé à l'unanimité moins une personne de québécois, j'avais un maux au coeur à retrouver les français, à replonger dans la France. J'étais durant ce cours immergé dans la société québécoise, j'étais seul à être étranger, ça me ravit. Même si je n'ai pas lié de contact proche avec un québécois de l'université, je suis heureux d'être là. Surtout ce cours sur la sociologie de Fernand Dumont, grand sociologue québécois, dont l'oeuvre m'intéresse beaucoup. Ce cours est parfait. Je m'y sens bien. J'ai un autre cours nullissime, que les étudiants québécois m'avaient déconseillé (mais un peu tard), où nous sommes plusieurs français. Et un dernier passable, mais nous sommes plus nombreux dans celui-là, l'ambiance est différente.

Il faut que je fréquente des québécois en dehors de la résidence. C'est dur mais je l'espère. Lié des contacts est toujours difficile lorsqu'on est étranger. Les premières discussions sont toujours sympathiques, mais la sauce prend difficilement par la suite. En France, l'accueil que nous réservions aux étudiants étrangers m'a toujours déçu, même si je n'ai pas beaucoup agi dans le sens de l'amélioration. Alors nous restons entre français puisque les autres en sont plus ou moins au même point que moi. Pour autant, nous sommes ouverts et laissons les québécois rentrer dans notre groupe. Fait qui nous a été signalé positivement par certains. Je dis que l'on reste entre français, mais je parle des relations proches, je discute avec quelques québécois, j'apprends le vocabulaire, etc. Nous rigolons ensemble. Mais j'aimerais être proche des québécois, comme je suis proche des français.

Montréal me plaît, je l'ai déjà dit, ma vie me plaît également (dans l'ensemble) et pourtant je voudrais être en France, à Toulouse. Ce n'est pas quelque chose d'exclusif. Etre à Toulouse et à Montréal. La vie à Toulouse ne peut remplacer celle à Montréal que je suis en train de construire, car au-delà de la famille, des amis, l'âme de ma ville me manque, ses rues, ses couleurs, non je ne dirai pas son odeur, mais être au milieu de la place du Capitole, rue de la Concorde, à la Médiathèque, prendre le métro, aller au Mirail, manger ses maudits sandwichs à midi et rentrer chez moi le soir pour ne rien faire, c'est cela dont j'ai besoin. Cette vie est différente de celle que j'ai et j'aurai à Montréal, je ne veux pas avoir la même, j'en aurai une autre qui me plaîra tout autant et que je regretterai une fois rentrer. Ces deux villes - j'allais dire Mes deux villes - ne s'excluent l'une l'autre, elles sont uniques et différentes. Mais Toulouse m'appelle, je la réclame. Plusieurs fois par jour, des espèces de flashs m'y ramènent, je suis dans une rue, un magasin, je suis avec des amis, mes parents. Ce sentiment est étrange, il ressemble un peu au beurre et à l'argent du beurre, mais il est ainsi. Ô moun pays, ô Toulouse...

 

Voilà un texte ma foi long, qui rattrape les courts billets que j'ai fait depuis quelques jours. Je n'ai pas réussi à retrouver ma verve, mais j'ai perdu pas mal de repères ces derniers temps. Laissez-moi le temps de me refaire quelque habitude, entre fête, lecture, travail de cours et blog.

Je vais moins me poser de question sur le style du blog, je l'aurai voulu autrement, ce n'est pas grave...

29.09.2005

Ce que j'aime à Montréal part. 1

J'aime me ballader seul dans Montréal, parcourir des quartiers déjà connus et prendre des photos. Je connaissais ce bonheur à Toulouse, me ballader sans but, faire un tour. Ici, la découverte ajoute un plus. Montréal est vraiment jolie (ou joli, je ne connais pas son sexe), chaque quartier est une surprise, à l'angle d'une rue, une nouvelle atmosphère peut vous interpeller. Vous êtes au pied de buildings si haut et soudain vous tomber dans une petite rue, commerçante avec des magasins à la française. Vous n'êtes plus dans la même ville.

Aujourd'hui le vent s'est mis à souffler, apportant un peu de pluie. Chez nous, on l'appelle la tramontane, je ne connais pas son nom ici, mais sa réputation le précède. C'est le vent qui souffle l'hiver et qui rend les températures polaires insoutenables. Le vent glacial vous fouette le visage. Je sens que je sortirai pas beaucoup cet hiver. Mais celui d'aujourd'hui est un vent sec, froid mais agréable. Un vent qui vous remet les idées en place et qui me rend heureux.

Voilà ce qui me rend heureux dans ma nouvelle ville d'accueil : les ballades photos par vent fort.

(Ostie c'est vraiment niais ce que j'écris)

27.09.2005

C'était chouette

Hier j'ai visionné gratuitement, comme le plus de chose possible ici, mon premier film québécois. Et bien, c'était bien. J'ai pas tout compris l'accent, mais c'était marrant.

 

(Ceci est une note écrite par mon petit frère) 

26.09.2005

Faster, Pollution ! Kill ! Kill !

Rage.

Montréal pue la pollution. Les rues continuellement traversées de chars pressés, crachant les toxines de leur organisme mécanique à la gueule de nos fragiles appareils organiques, commencent à me rendre malade. Le choix pour ma santé précaire en ces moments (j'ai un gros rhume) se réduit à deux choix :

  • L'aération par les fenêtres anti-suicide - s'ouvrant d'à peine quinze centimètres pour parer les gestes malheureux - m'ouvre la voie du cancer du poumon, accentué par ma fréquentation assidue et masochiste de fumeurs invétérés. Quelle félicité de respirer les gaz d'échappement, l'air pollué qui sent, car à Montréal on sent bien l'air pollué, ce n'est pas une pollution vicieuse, montrant son vrai visage qu'une fois trop tard. Non ici, ça schlingue tabernak. Alors pas d'ouverture de fenêtre.
  • L'aération par la porte d'entrée donnant sur le couloir. Je fais alors le deuil de toute intimité et accueille agréablement l'air climatisé dont les méfaits me sont moins connus, mais dont je sais qu'ils existent bordel. Vous me la ferez pas à moi.

Voilà j'habite au premier étage, direct sur une rue embouteillée d'un côté, un air conditionné de l'autre. Le choix n'est pas dans la date, mais vive le centre-ville et les capitales.

Autre choix, je m'enferme et j'aére plus. La fenêtre ayant des courants d'air, je finirai asphyxier par les gaz d'échappement et autres. Vive le Québec pollué.

(Et je vous passe les détails de mystérieuse poussière noire lorsque je passe le balai. Bref, je vais bientôt devenir asthmatique et merci bien !)

25.09.2005

Sur le fil

Un mois s'est écoulé depuis ma sortie de l'avion, je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre. Entre-temps, j'ai été étonné, joyeux, triste, effrayé. J'ai vécu bien des choses, mais je ne sais toujours pas à quoi m'attendre. Mon pays, ma famille, mes amis sont absents et c'est dur. Malgré l'intégration dans un groupe de français tout à fait remarquable, le fil, sur lequel je marche, n'est pas encore devenu passerelle stablilisée entre mon arrivée et mon départ déjà réservé. L'instabilité règne, l'hiver approche...

22.09.2005

Voyager apprend l'humilité

En tant que français, je me crois supérieur aux autres (en tant que toulousain un peu plus encore). Mais le Québec sait remettre ces maudits français à leur place.

 

Compilation :


Pourquoi ça sent mauvais en France ?
Parce que les français dorment la fenêtre ouverte !


Pourquoi les français portent-ils des cravates jaunes ?
C'est pour aller avec leurs dents.


Comment fait un français pour se suicider ?
- Il se tire une balle à 15 centimètres au-dessus de la tête...en plein dans son complexe de supériorité !


Pourquoi les autoroutes françaises ne sont-elles pas éclairées ?
Parce que les français se prennent tous pour des lumières !


Comment on fait sortir un français de sa baignoire ??
Il suffit de mettre de l'eau dedans.


Comment appelle-t-on un français qui a un Q.I. de 100?
Un village


Pourquoi les femmes françaises ont-elles des petits seins avec des gros bouts ?
Parce que les français ont de petites mains et une grande gueule !


Qu'est-ce qui commence par un P, finit par un N, et tombe des arbres dans le midi de la France ?
Putain, des feuilles, con.


Comment appelle-t-on quelqu'un qui parle trois langues ?
- Un trilingue.
Comment appelle-t-on quelqu'un qui parle deux langues ?
- Un bilingue.
Comment appelle-t-on quelqu'un qui ne parle qu'une langue ?
- Un Français.


Après avoir créé la France, dieu trouva que c'était le plus beau pays du monde. Ca allait faire des jaloux. Alors, pour rétablir l'équilibre, il a créé les français.


Un Français qui va pisser, il se lave les mains avant ou après ?
Réponse : Pendant.


Bon je crois que ça suffit là ! Pour bien d'autres blagues, le site.

21.09.2005

Soirée entre Français, soirée gâchée...

Dites donc, des fois, j'ai eu peur. Je croyais qu'on passait que des bonnes soirées à Montréal, genre les grosses parties au Deux Pierrots et celle d'avant dont je me souviens plus... Mais non, je suis rassurée, ce soir fut une belle soirée de merde.

Nous sommes allés, toujours plus ou moins la même équipe, nous divertir les neurones au Medley, c'est écrit sur le dos de ma main. La soirée était prétexte à une contre-soirée de fête de rentrée de l'UQAM, qui avait lieu la semaine d'avant. Et qui dit contre-soirée, dit contre. Et qui dit contre, dit partisans de Manu Chao. Voilà, vous y êtes, même un qui portait un T-shirt Tryo. Des originaux partout, des perruques, des jongleurs, des artistes danseurs et deux nanas à l'étage qui peignaient de grande toile au rythme de la folle ambiance baignant le parterre de baboss. Bravo, mais merci bien. On a failli partir avant d'être entré tellement l'ambiance était inexistance. Quand vint nous sauver, temporairement, de l'ennui un groupe de rock québécois, mais d'inspiration anglo-saxonne période Bowie, quelle période Bowie, je pourrais pas vous dire. Bien que musicalement entraînant, la soirée n'eut qu'une légère poussée d'adrénaline, lors d'un pogo féroce avec la foule des bûcherons. Le reste du temps ne fut que regard perdu au loin et réflexion solitaire. Quelle tristesse, j'avais pas besoin de ça.

Je pense avoir atteint ma limite en sujet de conversation. Je n'arrive plus à décrocher un mot à une personne nouvelle et même connue, c'est le pire. J'ai besoin d'intimité, c'est dans ce cadre, que je me révèle le mieux. J'en ai marre de faire des efforts de socialisation (non sociologiquement parlant), de me marrer sur des sujets posh, qui me font pas rire. Pourtant j'en ai pas fini de cette gymnastique sociale, car les cours sont encore une jungle hostile, que j'explore sans véritable guide. Guide étudiant et guide professeur, le professeur est un être abordable, avec lequel il faut discuter pour, dans l'espoir inavoué et inaccesible, décrocher un poste dans un labo. Ce serait le pied. Que mon sujet intéresse un prof et qu'il me propose de rentrer dans son labo. Ainsi, je finirai ma thèse au Québec. Quel beau projet.

Le rêve est permis ce soir, c'est une veille de cours bien morose.

Cela fait plaisir de déverser sa morosité sur un blog, je n'offenserai que les bûcherons et les baboos. Tant mieux pour les seconds, pardon pour les premiers.

19.09.2005

Banalités et autres discussions foireuses sur les stérotypes

J'ai changé le titre du blog. Mon voyage étant accompli, il faut passer à autre chose. Toulouse, bien que dans mon coeur à tout instant, fait place à Montréal, la grande, la voitureuse, la polluée, la belle, la naturelle et bien d'autres choses. Je ne sors plus beaucoup ces derniers temps. Le travail pour la fac me dépasse un peu, alors je me laisse noyer. Je remonterai à la surface plus tard. Je reste donc à la résidence, à parler à des français et aux québécois. Inévitablement, notre françitude nous défini de prime abord. De longs débats s'ensuivent (là je suis pas sûr de ce mot) sur les différences culturelles, en n'échappant malheureusement pas toujours aux généralités. Le cliché du français sale existe ici aussi, bien que pris avec beaucoup de distance. Et à Paris vous avez le métro ? La Tunisie, j'imagine ça avec le désert et on se déplace en chameau (une personne venait de Tunisie, vous l'aurez compris).

Mais ne tombons pas dans le panneau, la personne qui a prononcé ces mots ne représente pas le Québec, ne dites pas aux Français, les Québécois, quelle bande de tâche. Cependant, Louis, un Québécois de souche et dure la souche, nous chambre pas mal avec David (un pote de Paris avec qui je traine tout le temps) en tant que Français, il se fait l'écho des banalités ethniques qui peuvent nous être assimilés. Et moi, je suis devenu le Toulousain. D'où le nouveau titre. Mais je me garde bien de représenter les Toulousains, "zinzin".

Toulouse fait beaucoup rire. Le mot. Non qu'il signifia perdre en anglais, sa consonnance associée à Pompidou (par un enchaînement hasardeux que je ne décrirai pas ici) invite à entendre quelque accent homosexuel, certains diraient, ça fait pd. Je ne suis pas de ceux-là, mais ça a le mérite d'amuser.

En sens inverse, présentons quelques généralités sur les Québécois. Ils ont la réputation de parler ouvertement de sexe, dans des lieux inappropriés, pour nous, à ce genre de confidence, comme les tables en bas de la résidence, à côté desquelles tout le monde passe. Effectivement, ces propos ne sont pour eux d'aucune confidence. Prenons des précautions, je parle pour les quelques que j'ai rencontré. Par contre, pour un français, le québécois se vantera beaucoup, tandis que lui ne verra que l'expression de sa banalité quotidienne. Le Québécois est un bon coup, il fait l'amour toute la nuit et tout le jour. Il fonctionne avec des pîles Duracell. Nous avons été prévénus qu'il serait difficile de tenir la comparaison. En plus, ils en ont des grosses. Génial, pour ce genre d'info, méfiance de rigueur. Même s'ils parlent naturellement de sexe et sans (trop de) tabou, le côté performance est très présent et son corollaire, la vantardise, l'accompagne. Une québécoise m'a conforté dans cette optique, en m'expliquant l'influence prépondérante du porno sur la jeunesse québécoise masculine. YssprèntouspourRonJeremy. Un acteur porno. Je n'ai pas poussé plus loin l'investigation, mais les québécoises doivent être bien malheureuses de ne connaître l'amour loin des représentations du porno. Encore une fois, tous les québécois ne sont pas comme ça. Je suis tombé sur le mauvais, ce qu'il nomme ici avec un anglicisme, qu'ils nous reproche également d'utiliser à outrance, le player. Le player est un dragueur assez porté sur la comptabilité de ses conquêtes féminines et non avare de détail sur ses prétendus exploits.

Autre généralité, la française est réputée plate et faisant l'étoile (c'est à dire, assez inactive au lit). Mesdemoiselles à vous de réagir, on a fait ce qu'on a pu en disant que c'était faux, mais ils ont encore besoin d'être convaincus.

18.09.2005

Ce champ doit être renseigné.

L'inspiration m'a quelque peu abandonné ces derniers jours pour écrire mes conneries. Cela ne veut pas dire que je déprime, que ça se passe mal. Au contraire, si c'était ça, j'aurai mis à jour le blog chaque heure passant.

Le quotidien se passe bien, des fois je m'ennuie, mais c'est plus parce que je reste à l'appart' pour travailler, car la pression du travail se fait plus lourde à Montréal qu'à Toulouse. Comment expliquer cela ?

  • Le fait d'être dans un pays lointain, en échange commandé par la France pour montrer aux Québécois la valeur de nos étudiants.
  • La somme de lectures à faire dans chaque cours donne plus de poids à l'urgence de ne pas prendre de retard.
  • C'est super intéressant.
  • Le prix des recueils de texte obligatoires donne à la lecture cette valeur indispensable. 50 dollars pour 300 pages. Cela fait cher criss' d'ostie.
  • Ou encore serait-ce le climat, qui se rafraichit doucement.

Tout ça pour dire que je devrais être en train de lire.

Pour montrer ma bonne foi, je fais même des lectures complémentaires, comme la passionnante Histoire du Canada de François-Xavier Garneau, écrite en 1850 ou quelque chose approchant. Je vais me prendre de passion pour le Québec, vous allez voir, ça va pas faire un pli.

A part ça l'alcool est devenu mon meilleur ami pour les soirées de fête. On fait de chouette party ici (et voilà mon blog tombe dans la banalité du récit de beuveries étudiantes qui se ressemblent toutes).

Bon c'est sur cette note affligeante de banalité que je conclus. J'ai vraiment perdu ma fougue lyrique. Toulouse me manque, ça doit être cela.

15.09.2005

Drôle de moment

C'est la nuit, il pleut. Un peu, juste assez pour mouiller la chaussée et donner aux pneus ce chant, ce tintement aquatique. Les voitures sont rares à cette heure-ci. Le trafic bruyant, donnant à Montréal cette couverture de pollution qui drappe les buildings, reprendra dans quelques heures. Pour l'instant, l'atmosphère est calme, peu de bruit. Le plic du robinet, le ploc de la pluie fine au dehors et mon clavier rythment ce moment. Ce moment étrange où j'ai l'impression de me trouver dans un film. Une production américaine, un remake d'un comic noir, une aventure de balaise mutant mi-bon, mi-méchant, tuant pour faire régner le bien. Elle pourrait passer, cette bête immonde, dans la rue, suivi des voitures de police que l'on entend la journée. Les sirènes hurlent. L'agitation reprend et passe. Le mutant est déjà loin, il s'est enfui au Mont Royal où son repaire le protège et le cache. Une telle situation peut arriver ici. Tout est possible. Du moins la nuit. C'est ce que je crois, ce que j'espère...
medium_015019.jpg

13.09.2005

Le pouvoir de l'argent

Montréal et son côté américain me contamine. En partant j'avais averti mes proches : en revenant je serais un gros capitaliste. Moi qui vient de l'économie solidaire, quel paradoxe. Enfin ça me connait le paradoxe. Bref voici la preuve irréfutable que je suis devenu un gros enculé de capitaliste :

J'aime l'argent, je n'ai jamais osé l'avouer mais le pognon c'est bon. Vous avez dû avoir des doutes avec la note pseudo-nostalgique sur le MacDo. Mais le capitalisme, c'est trop fonne (fun) ! En plus, je deviens totalement narcissique à mettre ma photo partout et à répéter sans cesse je, me, moi.
Est-ce Montréal ou le blog qui fait surgir cette personnalité cachée ?

Je perds un peu pied sur la rédaction et le ton à donner au blog. Je doute de l'intérêt intrinséque de la rédaction d'inepties telles que celle-ci. Je voulais faire un blog, intelligent, analysant avec du style, la vie à l'étranger et j'ai pas l'impression d'y arriver. Je doute. Je n'arrive qu'à raconter deux, trois conneries, un ou deux états d'âme.

Ah mais je suis con, c'est ça un blog. Un truc sur internet où tu racontes ta vie, sans aucun style, des anecdotes foireuses et des sentiments morbides passagers. Et encore, moi j'ai l'excuse d'être de l'autre côté de l'Atlantique pour faire ça. Alors tout va bien, je vais continuer à dire n'importe quoi, à me mettre en avant sans retenue, à prendre des photos idiotes avec ma tête en gros plan et tout ça, sans me soucier de savoir si ça intéresse quelqu'un.

 

Mise en application :

 

La vie est ainsi faite qu'elle change avec le temps. Quelle banalité ! Désormais ma chambre - je ne dis pas appartement, ça me fait un peu mal - est rangée. J'ai gagné au moins cinq mètres carré, ça compte ici (imaginez en échelle européenne). Mais un problème demeure, mon lit ne convient pas à mes souhaits. Ce n'est pas qu'il soit inconfortable et en plastique, la gêne provient de l'incapacité à pouvoir plaquer sa tête contre un mur, afin d'avoir de satisfaisante lecture, ainsi que de réjouissant visionnage de DVD ; et ça m'emmerde méchamment.

J'ai également accroché quelques photos de ma douce terre natale, aux briques roses, à l'atmosphère paisible et à la lumière unique. En parlant de ça, j'ai essuyé quelques hasardeux encouragements à prendre mon accent toulousain. Quel est donc cette fascination envers l'accent toulousain, que les toulousains n'ont plus vraiment ? Et pourquoi ces remarques désobligeantes envers mon accent actuel ? Bon, comme ce sont de charmantes jeunes femmes, qui me font ces invitations à un autre parler, je le cherche (l'assent) mais c'est comme une imitation de Laurent Gerra, ça sonne faux, enfin pour moi. En France, je me suis senti obligé de changer d'accent et maintenant, c'est la même chose, étrange docteur (cf à ce sujet l'over blog du même nom que celui-ci).

 

PS : pour les voleurs de métier lisant ce blog, cet argent (sur la photo) n'est plus chez moi, il a juste servi à payer mon loyer, pas la peine de vous déplacer. En vous remerciant.

12.09.2005

Saturday night biture

Comment raconter une soirée de totale biture, sans tomber dans le blog facile et racoleur, Ouais on était bourré comme des coings, allongés dans le couloir de la résidence, à faire du bordel, tout en parlant à une voisine qui ne comprenait pas toutes les conneries qu'on racontait.

Comment faire ? Je ne sais pas.

Tmondenpôrle

Et flute, je suis redevenu toxico. J'ai regardé hier soir, la version québécoise de Tout le monde en parle. Je pouvais plus décrocher de l'écran, deux semaines de sevrage télévisuel réduit à néant. Toutes les étapes pénibles de la désintoxication sont à revivre. Les tremblements, l'énervement, les yeux qui grattent et pas de métadone pour moi, mis à part internet. Mais mon addiction est au tube cathodique, alors c'est pas pareil. Mais j'en fais la promesse, un jour je serai libre, mes entraves à la télé seront rompus.

Sinon cette québécoise version n'a pas la saveur du duo Ardisson/Baffie. Guy A. Lepage est incisif avec ses invités, il recevait hier le premier ministre du Québec, c'est à dire l'homme le plus important du pays, et il lui a parlé comme Ardisson parle à une fille sortant de la télé-réalité. Son interview, pardon son entrevue, avec Charest était très incisive niveau réforme politique non accompli. Bref comme si Villepin se faisait tailler un costard par Marc-Olivier Fogiel : alors les impôts n'ont fait qu'augmenter malgré toutes vos promesses, vous seriez pas un peu menteur ?

Pour le reste de l'émission, j'ai rien compris, c'était des vedettes locales alors lo pas compris. Des québécois dans la salle télé se marraient mais nous, pauvres français, nous décrochions à peine un sourire. Ah, les différences culturelles. Quand au Baffie local, il craint un peu niveau insolence. Mais bon les comparaisons n'ont pas lieu d'être, c'est juste le manque qui me fait cracher du venin. Faudra que je regarde l'originale version sur TV5.

 

A part ça le week-end fut mouvementé, entre fêtes et coupure d'électricité. Samedi, discussion banale dans une chambre, lorsque tout s'éteint, sans avertir évidemment. On sort, on descend, rien nulle part, coupure de tout l'immeuble. Aucune explication. Une demie-heure plus tard, tout revenait à la normale. Mais une telle coupure est étrange. Est-ce par souci d'économie, tous les premiers samedi du mois, Montréal est plongé dans le noir pour réduire l'effet de serre. Quelques lumières de secours fonctionnaient, mais plus l'ascenseur, je ne sais toujours pas si il y avait du monde dedans, il n'a cependant repris son rôle d'élevateur, si nécessaire aux gens du dixième, que le lendemain.

09.09.2005

Un petit goût de France

Dans la série : les bienfaits de la mondialisation et de l'économie globale.

 

Achat, achat, je dépense trop en ce moment. Je fais des dépenses inutiles, j'arrête pas de faire des aller-retour au supermarché. Bref, encore aujourd'hui je dépense à tort et de travers. J'étais dans un de ces supermarchés qui vous mettent le vertige, faim, je me dois de répondre à cet appel légitime. Et pourquoi pas un petit MacDo, j'y suis pas allé encore. Je fais le tour des restos du centre commercial, une trentaine pour le moins, tous au même étage entourant des centaines de table et de chaises. Y'a juste un Burger King, le dernier, pris le jour de mon arrivée, ne m'ayant laissé qu'un souvenir piteux, je ressors pour rejoindre le MacDo de la rue Sainte-Catherine. Il est tout près, mais en échelle européenne, rien que pour remonter les deux étages me séparant de la rue, j'ai du faire dix kilomètres.

MacDo, file, caissière nonchalante, service bien huilé, un trio quart de livre avec fromage, sprite sans glace, si possible. Merci, à toi aussi. Je verse une dose de ketchup dans le petit gobelet prévu à cet effet. Et là, après m'être stratégiquement assis devant l'entrée où le flot des passants est visible et moins stratégiquement à côté de la poubelle, je suis en France, le temps de manger cet hamburger pourtant inconnu dans mon cher pays (sauf par les amateurs de Pulp Fiction), je retrouve des sensations oubliées. Les moments particuliers passés dans les restaurants de cette chaîne, moment à attendre une blonde toujours en retard, dégustation pré-cinématographique, moment d'ennui intense devant les télés du MacDo Wilson, discussion inappropriée avec quelques potes, temps qui passe, assis juste pour le regarder et bien d'autres choses. Tous ces bons moments vécus dans ces endroits me reviennent en mémoire. J'en vis un nouveau à Montréal, dans cet endroit chaleureux par sa froideur, son anonymat, ses couleurs vertes, ses gens seuls rêvassant, ses femmes discutant à bâton rompu, ses deux nanas avec leur père me regardant du coin de l'oeil et moi au milieu. Toujours au milieu, mangeant mon quart de livre avec fromage, la prochaine fois j'investirai dans le double quart de livre avec fromage et le double big mac, ainsi qu'un sandwich X-tra méconnu, avec pour dessert un Mc Flury Oréo.

C'est peut-être de la mal-bouffe (surtout que j'ai mangé un meilleur hamburger dans un petit resto, avec de gros balaise qu'on imagine pas dans la restauration), le suppôt du capitalisme, tout ce qu'on veut, mais ça fait parti de nous, de moi, de ma génération, on y a passé une partie de notre enfance (plus ou moins si nous avions des parents responsables), notre adolescence et certainement encore une bonne partie des années futures. C'est con, mais le slogan a raison : MacDo, c'est ça que j'm.

 


PS : j'avais oublié de préciser, le petit goût de France, ne fut que renforcé par la radio qui diffusait, pendant que je croquais dans le quart de livre avec fromage, Sur un air latino, de Lorie.

Vive le Québec au mille facettes 

08.09.2005

Installation et autres errances d'une matinée pluvieuse

Le quotidien se construit, se reforme peu à peu. Ou plutôt je le reconstruit, je le décide, c'est une action volontaire de ne pas m'installer vite. Jusqu'à hier au soir, je dormais comme un campeur, dans mon sac de couchage. J'avais de quoi me faire un lit, mais j'ai attendu pour installer les draps et ma couverture. J'ai du mal à imaginer que cette chambre soit la mienne pour les neuf mois à venir, que je vais y passer les moments importants de mon voyage, de mon année universitaire. Je n'arrive pas à m'installer, je n'ai pas encore défait mes valises, rien installer sur la penderie, rien ranger sur le bureau. Mais j'ai fait mon lit et aujourd'hui, j'y glande comme à Toulouse, le confort n'est pas le même, mais j'ai lu, j'ai été heureux. Le quotidien commence à prendre, les études commençant, je vais être forcé d'aménager pour faire de la place aux recueils de texte gargantuesques.

L'installation prendra le temps, ne pas aller vite, reprendre les habitudes au fur et à mesure que la nécessité se fait inévitable. Je ne ressens pas le besoin d'un confort intérieur. C'est étrange, les gens de la résidence ont tous installé photo, petit meuble, affiche. J'attend, peut-être cette envie ne viendra jamais... Etrange encore une fois.

En attendant, je flâne sur les blogs de Haut et Fort. Entre le conseiller UMP attaché à la jeunesse, Jean-Guillaume, les écolos de Cap 21 et la vieille qui a pour passion la vie, mon cynisme frappe à la porte. Mais je le laisse dehors car je participe à tout ça en apportant des textes tout aussi ridicules certainement.

Petite précision aussi, désolé pour les fautes et les mots employés pour d'autres, mais je n'ai pas de dictionnaire. Alors les mots viennent et ne passent aucune frontière, c'est comme internet.